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  • Jean-Georges Paulus, fondateur de l'orchestre de la Garde Républicaine

    Garde républicaine, fanfare, orchestreJean-Georges Paulus, né le 5 août 1816 à Haguenau, commence très jeune une carrière militaire comme clarinettiste au 10e chasseurs à cheval. Parallèlement, il suit des cours au conservatoire de Paris où il obtient, en 1835, le premier prix de clarinette.
    Devenu chef de musique sur “La Belle Poule“, il participe aux cérémonies du transfert des cendres de Napoléon, avant d’être nommé chef de musique du Prince de Joinville.
    En 1848, il rejoint la Garde de Paris. A cette époque-là, la fanfare se composait des douze trompettes du régiment de cavalerie disséminés dans les escadrons de marche qui n’étaient réunis que très occasionnellement à l’occasion de cérémonies. Paulus en fait une formation permanente, composée d’un trompette-major, 12 trompettes, 22 trompettes d’ordonnance, 5 trompettes cor, 3 trompettes contre-basse, 2 trompettes alto, 5 trompettes basse et 2 timbaliers.
    La même année, l’administration préfectorale de Paris confie à la garde républicaine un lot de trente-six instruments pour la constitution d’une musique. La liste de ces instruments permet de supposer que ceux-ci ne sont pas destinés à la fanfare, mais bien à la création d’un nouvel orchestre d’harmonie. Celui-ci sera constitué petit à petit jusqu’à atteindre un effectif de 55 musiciens en 1852, année des débuts officiels de la nouvelle formation lors de la distribution des drapeaux au Champ de Mars.

    Le 4 août 1855, Jean-Georges Paulus est nommé à la tête de la “Musique de la Garde de Paris“. Le 12 mars 1856, Napoléon III signe le décret officialisant l’existence de l’orchestre. A partir de 1864, Paulus se consacre exclusivement à la direction de l’orchestre d’harmonie (c’est un autre alsacien, le brigadier-trompette Frédéric-Thomas Fillaire, qui prend alors la tête de la fanfare).
    Arrangeur, il adapte les œuvres symphoniques pour son orchestre à vent et, le 21 juillet 1867, la Musique de la Garde remporte son premier succès au concours international des musiques militaires au Grand Palais, à Paris, en interprétant l’ouverture d’Oberon et des extraits de Lohengrin.

    Le 18 septembre 1870 la “Garde de Paris“ devient “Garde Républicaine“. La “Musique de la Garde Républicaine“ devient ambassadrice culturelle de la République française et enchaîne les tournées (Londres en 1871, 25 concerts pour 70 jours de tournée à travers les Etats-Unis en 1872…). Partout, Paulus et ses “soldats artistes“ remportent de vifs succès.
    Le 9 mars 1873, il prend sa retraite de chef de musique.
    C’est encore un Alsacien, le compositeur et chef d’orchestre à l’opéra de Strasbourg, Adolphe Sellenick,qui lui succède.

    Jean-Georges Paulus décède à Paris le 14 avril 1898.

     

  • Philipp Friedrich Böddecker

    Philipp Friedrich Böddecker est né à Hagenau. Nous ne connaissons pas sa date de naissance : comme souvent, à cette époque, la première trace de son existence est l'acte de baptême daté du 5 août 1607.

    Son père, originaire de Gostar en Saxe, était musicien professionnel et c'est en cette qualité qu'il s'était établi à Haguenau avant de rejoindre la collégiale de Stuttgart en 1614. C'est auprès de lui et de l'organiste de cette église que Philipp Friedrich apprend la musique.

    En 1626 (il a donc 19 ans), il est engagé comme organiste et professeur de chant à Bouxwiller (Bas-Rhin). Trois ans plus tard, il rejoint la cour du prince de Hesse-Darmstadt comme bassoniste et organiste, puis entre dans l'orchestre de la cour du margrave de Bade. En 1633, il est nommé organiste de la Barfüßerkirche de Francfort mais ne peut prendre ses fonctions qu'en 1638, lorsqu'il est libéré de ses obligations à la cour. En 1642, il est nommé organiste de la cathédrale de Strasbourg, puis, parallèlement, organiste de l'université en 1648 et “Musikdirektor” de Strasbourg.

    En 1652, il reprend le poste d'organiste à la collégiale de Stuttgart occupé quelques années plus tôt par son père. Il espère également obtenir la charge de compositeur à la cour, mais c'est finalement son rival, Samuel Capricornus, qui l'obtient. Commence alors une longue période de conflit entre les deux compositeurs, chacun dénonçant de grossières erreurs dans les compositions de l'autre !

    Philipp Friedrich Böddecker décède à Stuttgart le 8 octobre 1683.

  • Schulmeister, espion de l'empereur

    Bien que Badois (il né à Neufreistett, aujourd’hui Rheinau, juste de l’autre côté du Rhin) il a vécu à Strasbourg où son nom est resté lié au quartier de la Meinau.

    schulmeister, espion, empier, savary, napoleon, meinau, strasbourgKarl-Ludwig Schulmeister est donc né à Neufreistett, le 5 août 1770.
    Le personnage conserve aujourd’hui encore une grande part de mystère et cela commence avec sa date de naissance que certaines biographies placent au 13 août. Ces différences de dates sont assez fréquentes et s’expliquent souvent par l’origine des documents utilisés, des registres d’état-civil (quand ils existaient), des registres paroissiaux… Les premiers mentionnaient la date de naissance, les seconds la date de baptême. Peut-être est-ce ici le cas.
    Les origines, ensuite. Fils d’un sous-intendant pour les uns, d’un pasteur luthérien selon les autres…
    Ses débuts dans la vie active, enfin. Secrétaire chargé de rédiger les actes publics au bailliage de Kork, puis agriculteur ou commerçant ? Les recherches les plus récentes semblent aller dans cette dernière direction : en 1792, il se serait établi comme marchand de fer dans son village natal avant de s’installer, fin septembre 1797, à Strasbourg avec sa famille. Là, il est épicier en détail, puis marchand de tabac avant de faire faillite en 1804.
    Le point sur lequel toutes les biographies se rejoignent est son “activité“ de contrebandier : il est arrêté le 15 avril 1805 par une patrouille des douanes en possession de biens de contrebande. L’enquête démontre qu’il est “un des principaux assureurs de marchandises anglaises et prohibées“ ce qui lui vaut une triple amende de quarante-cinq mille francs et l’incarcération dans l’attente du paiement.

    Mais comment est-il devenu espion ?

    Schulmeister avait un bref passé militaire : à 15 ans, il fait un court séjour chez les cadets du régiment "Colonel-général hussards". Lors de la campagne de 1796-97, il aurait été recruté par l’Armée du Rhin (son ancien régiment, devenu 4e Hussards, en faisait partie) en raison de sa parfaite connaissance du terrain et notamment, en bon contrebandier, des points de passage sur le Rhin.
    L’un des aides de camp du général Desaix (commandant une division de cette Armée du Rhin) était alors un jeune officier, Savary, futur général et ministre. Et c’est ce dernier qui était chargé de trouver des passages pour les troupes. Ceci tendrait à confirmer que ce soit Savary qui ait alors recruté Schulmeister. Certaines biographies affirment que Schulmeister avait été présenté à Savary par le colmarien Rapp : la chose est possible, Rapp étant également aide de camp de Desaix, et parlant parfaitement l’allemand, pouvait avoir été chargé d’établir des contacts de l’autre côté du Rhin.

    Après sa condamnation, un arrêté d’expulsion est pris à l'encontre de Schulmesiter et exécuté au mois d’août. Quelques semaines plus tard, le 12 octobre, Schulmeister réapparait à Ulm, aux côtés du Feldmarschall Mack, commandant des troupes autrichiennes, qui le présente comme un de ses agents d’espionnage les plus dignes de confiance ! Les informations qu’il transmet aux Autrichiens les convaincront de rester dans la ville ce qui permettra aux troupes française de l’assiéger. Pendant ce temps, Schulmeister, grâce à un laissez-passer du maréchal Mack, circule à travers les lignes autrichiennes et transmet des informations à Murat. 

    Le 18 octobre, Schulmeister revient à Ulm pour assister à la reddition de la ville puis, profitant de ses passeports autrichiens, il part observer les mouvements de l’armée russe, auprès de l’état-major du Feldmarschll Merveldt. C’est au cours de cette mission qu’il est arrêté pour espionnage : on trouve sur lui les passeports délivrés par Merveldt et Mack, mais également par Murat et Savary. Il prétend être agent double au service de l’Autriche et, en attendant les témoignages des maréchaux autrichiens, il est transféré à la forteresse d’Olmutz. Il réussit à s’échapper et gagne Vienne, tombée aux mains des Français, où il retrouve Savary. Deux jours plus tard, le 15 novembre 1805, par décret impérial, “Monsieur Charles“ est nommé commissaire général de police de Vienne.
    Par la suite, il exercera la même fonction à Königsberg (juin et juillet 1807), lors de la conférence d’Erfurt (septembre et octobre 1808) puis de nouveau à Vienne (mai à novembre 1809) tout en poursuivant ses activités d’espion.

    Le 18 mars 1806, Fouché invitait le préfet du Bas-Rhin à ne pas donner suite à l’arrêté d’expulsion qui frappait Schulmeister, ce qui peut laisser croire que son arrestation, et la publicité qui en avait été faite, n’avait eu que pour but de faire de lui un “proscrit“ et faciliter son “passage à l’ennemi“ !
    Entre-temps, Schulmeister avait acquis le domaine de la Canardière à la Meinau (il se fera appeler Monsieur de la Meinau). De ce domaine de 200 ha, il reste aujourd'hui une petite partie du parc (7 ha).

    Pendant la campagne de Prusse, en 1806, il est directement sous les ordres de Savary et à la tête d’un corps d’avant-garde composé d’une partie du 1er régiment de hussards et du 7e chasseurs à cheval.
    Le 4 novembre 1806, avec sept hommes, il prend la ville de Wismar et fait prisonniers la quinzaine d’officiers et la centaine d’hommes qui en composent la garnison. Et c’est avec vingt-cinq hussards qu’il s’empare de Rostock quelque temps plus tard. Il participe encore au siège de Dantzig et à la bataille de Friedland où il est blessé le 14 juin 1807.

    Après la paix de Vienne, il se retire officiellement à Strasbourg, mais il semblerait que ses nombreux voyages d’affaires servaient de couverture à ses activités secrètes. C’est au cours de l’un de ces voyages qu’il est arrêté le 27 juillet 1815. L’instruction ne permet de retenir aucune charge contre lui et il est libéré en novembre 1815.

    De retour en France, il partage son temps entre Paris, Strasbourg et le domaine du Piple, à Boissy-Saint-Léger, où il meurt le 8 mai 1853 (d'autres biographies situent le décès à Strasbourg). Il est enterré au cimetière Saint-Urbain de Strasbourg.

    Sa double vie de commerçant et contrebandier il lui avait permis de développer un véritable art de la dissimulation : les Autrichiens n’auront jamais réussi à obtenir un signalement fiable de Schulmeister, ni à établir le lien entre l’espion et “Monsieur Charles“, commissaire impérial.

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