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  • Jean-Georges Humann, le premier ministre alsacien !

    Humann.jpgPartisan d'un strict équilibre budgétaire, il avait (déjà) attiré l'attention sur l'importance de la dette de l'état ! Jean-Georges Humann a été le premier Alsacien à occuper une fonction ministérielle.

    Jean-Georges Humann est né le 6 août 1780 à Strasbourg, où son père (issu d’une famille de paysans de Fessenheim-le-Bas, dans le Kochersberg) était employé municipal. A 14 ans, il entre en apprentissage dans une fabrique de tabac, puis se lance dans l’épicerie. Devenu négociant en denrées coloniales à 19 ans, il se trouve rapidement à la tête d’une fortune considérable.

    Il devient alors membre de la Chambre de commerce de Strasbourg, juge au tribunal de commerce (1811, maintenu en 1814) et membre de la commission administrative des hospices civils (1816, renouvelé en 1821). En 1814, il est envoyé à Paris par la Chambre de commerce de Strasbourg pour plaider la cause des intérêts économiques de la région. Il est nommé membre du Conseil général du commerce (présidé par le ministre de l’Intérieur, le comte de Corbière) et se spécialise dans les questions financières.

    Tout en continuant à développer ses affaires (il créé une compagnie d’assurances, une compagnie rhénane de navigation à vapeur, la compagnie des Forges d’Audincourt et les Salines de l’Est, développe une raffinerie de sucre…), il entame une carrière politique et est élu député du Bas-Rhin en 1820, puis réélu en 1824. Il perd les élections suivantes, mais profite d’une élection partielle en Aveyron (où il avait des affaires) pour se faire élire dans ce département en 1828. Il devient ensuite rapporteur de la commission du budget.

    Le 11 octobre 1832, il est nommé ministre des Finances, fonction qu’il occupe jusqu’au 18 janvier 1836, date à laquelle il est contraint de démissionner suite à la présentation, devant l’assemblée, d’un nouveau projet de conversion des rentes désapprouvé par le gouvernement. Malgré sa démission, la polémique soulevée par ce projet entraîne la chute du gouvernement. Le roi Louis-Philippe lui offre alors de former un nouveau gouvernement, mais Humann refuse et rentre à Strasbourg.

    En 1837, il est nommé pair et revient à la politique. Le 29 octobre 1840, il est une nouvelle fois, nommé ministre des Finances. Partisan du strict équilibre budgétaire et hostile à de nouveaux impôts, il décide d’améliorer la perception de ceux qui existent déjà, notamment les droits de transmission d’offices (désormais fixés d’après la valeur réelle de l’office), les droits sur les boissons et l’impôt sur les portes et fenêtres. Pour ce dernier, il ordonne un recensement général des habitations qui révélera qu’un demi-million de bâtiments échappaient à l’impôt !

    Le 24 avril 1842, en fin de matinée, alors qu’il est en train de rédiger une note à son bureau au ministère, Jean-Georges Humann est foudroyé par une congestion cérébrale.