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  • Charles de Foucauld

    Foucauld.jpgCharles Eugène de Foucauld de Pontbriand est né le 15 septembre 1858 à Strasbourg dans un famille originaire du Périgord. La maison familiale, où il voit le jour, est  située sur l’emplacement de l’hôtel particulier du maire Dietrich, là où fut chantée pour la première fois La Marseillaise.

    Il est baptisé en l’église Saint-Pierre-le-Jeune le 4 novembre suivant. Quelques mois plus tard, son père, le vicomte Édouard de Foucauld de Ponbriant, inspecteur des forêts, est muté à Wissembourg. En mars 1864, sa mère meurt après une fausse couche. Son père ne survit pas longtemps à son épouse et décède le 9 août suivant. Charles et sa soeur sont confiés à leur grand-mère paternelle, la vicomtesse Clothilde de Foucauld, qui meurt peu de temps après d’une crise cardiaque. Ce sont alors les grands-parents maternelles, qui vivent à Strasbourg, qui recueillent les enfants. Son grand-père, Charles-Gabriel Beaudet de Morlet, est un ancien polytechnicien et colonel du génie en retraite.

    Charles poursuit sa scolarité à l’école épiscopale de Saint-Arbogast, puis au lycée de Strasbourg. En 1870, la famille se réfugie un temps à Berne, puis s’installe à Nancy. En 1876, il intègre Saint-Cyr, dans la promotion Plewna dont fait également partie Philippe Pétain. Son grand-père l’émancipe et, à 18 ans, il peut ainsi disposer de son héritage. Durant les années suivantes, il mènera grande vie, donnant de nombreuses fêtes et cumulant les jours d’arrêt pour sa conduite scandaleuse jusqu’à être placé hors-cadre pour indiscipline en février 1881. Apprenant que son ancien régiment est envoyé en Afrique, il demande sa réintégration et l’obtient. A la fin de la campagne, il demande un congé pour effectuer un voyage en Orient. Comme celui-ci lui est refusée, il démissionne de l’armée et s’installe à Alger.

    Il envisage alors de partir à la découverte de cette région. Sa rencontre avec le conservateur de la bibliothèque d’Alger, un géographe, va être déterminante pour le but de son voyage : ce sera finalement le Maroc, pays encore peu connu car interdit aux chrétiens. Durant un an, il étudie l’arabe et l’hébreu et, le 10 juin 1883, il part en compagnie du rabbin Mardochée Aby Serour, lui-même voyageant sous le nom du rabbin Joseph Aleman. Le voyage, prévu pour durer cinq mois, en prendra onze. Les nombreuses informations qu’il en rapporte lui valent la médaille d’or de la Société de géographie de Paris et les palmes académiques. Il rentre en France, où il assiste au mariage de sa soeur avec Alexis de Tocqueville. Il retourne en Algérie pour une seconde expédition, au Sahara, cette fois.

    A son retour à Paris, un profond changement s’opère : « À Paris je me suis trouvé avec des personnes très intelligentes, très vertueuses et très chrétiennes. Je me suis dit que peut-être cette religion n’était pas absurde ». Il commence à fréquenter assidûment la paroisse Saint-Augustin. Une visite aux moines cisterciens de l’abbaye de Fontgombault renforce sa vocation naissante et il part en pèlerinage à Jérusalem et Nazareth en 1888. A son retour en France, il décide d’entrer dans les ordres. Il lègue tous ses biens à sa sœur et, le 16 janvier 1890, entre comme novice à la Trappe sous le nom de Frère Marie-Albéric. Le 2 février 1892, il prononce ses vœux monastiques et reçoit la tonsure. Il passera sept ans à la Trappe, à Notre-Dame des Neiges d’abord, puis à Akbès, en Syrie. Dispensé de ses vœux définitifs, et après quelques mois d’études à Rome, il part pour Nazareth où il s’installe, près des Clarisses, sous le nom de Charles de Jésus.

    Il rentre une nouvelle fois en France pour se préparer au sacerdoce en 1900 et est ordonné prêtre au Grand Séminaire de Viviers, le 9 juin 1901. Il repart ensuite pour le Sahara, d’abord à Beni-Abbès, (1901 à 1904) puis à Tamanrasset où il étudie la culture touarègue et rédige un premier dictionnaire touareg-français.

    Le 1er décembre 1916, des pillards investissent sa demeure et le font prisonnier, vraisemblablement dans l’espoir d’obtenir une rançon. L’adolescent chargé de le garder panique à la vue de deux tirailleurs algériens et l’abat d’une balle dans la tempe.

    Charles de Foucauld a été proclamé bienheureux le 13 novembre 2005 par Benoît XVI.

  • Jean-Claude Riber

    Riber.jpg14 septembre 1934, naissance à Mulhouse de Jean-Claude Riber.
    Il est élève au collège Lambert et au conservatoire de Mulhouse, puis étudie la littérature à Strasbourg et Paris avant de mener une carrière de metteur en scène entre 1957 et 1966, année où il prend la direction du Théâtre Municipal de Mulhouse.

    En 1970, il est nommé à la direction du Grand Théâtre de Nancy où il fera passer le nombre d'abonnés de 330 à près de 5000 ! Il quitte ce poste en 1973 pour le Grand Théâtre de Genève dont il sera directeur général jusqu'en 1980 et qui deviendra, sous son mandat, l'une des grandes scènes européennes. C'est là qu'il mettra en scène sa première tétralogie complète.

    En 1981, il prend la direction de l'opéra de Bonn, dont il fera une scène de première importance. En 2009, 17 ans après son départ, le quotidien local, le General Anzeiger, lui rendait hommage à l'occasion de son 75e anniversaire en qualifiant son mandat "d'âge d'or de la vie musicale de Bonn" avec des distributions prestigieuses qui n'avaient rien à envier aux plus grandes scènes (le "Don Carlos" de 1987/88 en est un parfait exemple affichant une double distribution où l'on trouvait Margaret Price et Katia Ricciarelli en Elisabeth ou encore Nadine Denize et Agnes Baltsa, rien de moins que les deux meilleures titulaire du rôle d'Eboli dans les années 80), sans oublier un taux de remplissage de 99% !

    Depuis, il poursuit son activité de metteur en scène et de scénographe (il réalise souvent les décors, costumes et surtout les éclairages de ses productions), totalisant plus de 150 mises en scène d'œuvres de tout style et de toutes les époques, du baroque au contemporain.

  • Ernest Wertheimer

    Wertheimer.JPGErnest Wertheimer est né le 13 septembre 1852 à Obernai.
    Son grand-père, Lehmann Wertheimer, fils d’un boucher d’Ottrott, était un important marchand de bestiaux et présidait la commission administrative de la communauté juive d’Obernai.
    Son père, Jacques dirige l’usine de textile Mohler, forte de plusieurs centaines d’ouvriers, qui produit des étoffes (cravates, nappes, rideaux…) vendues dans toute la France et même à l’exportation. Ses trois fils, Emile, Julien et Ernest, travaillent à ses côtés. Lorsque, après l’annexion, ils doivent choisir entre rester en Alsace et devenir Allemand ou opter pour la nationalité française et quitter la région, l’aîné, Emile, décide de rester auprès de ses parents. Ses deux frères font le choix de la France.

    Ernest à alors 19 ans. Il fait son service militaire au 73e Régiment d’Infanterie de ligne à Alger, puis, en 1874, s’installe à Paris. Là, il entre chez un fabriquant de cravates, Dreyfus et Kaufmann, dont il deviendra associé.
    En 1892, il crée sa propre entreprise. Quelques années plus tard, il fait une rencontre décisive, celle d’un voisin qu’il croise régulièrement, Emile Osordi.

    Les origines d'une grande entreprise

    En 1862, Joseph-Albert Ponsin, un comédien, dépose le brevet d’une pâte pour la blanchir la peau destinée aux comédiens. Pour superviser sa production, il engage un contremaître, Alexandre-Napoléon Bourjois, qui rachète l’entreprise en 1868 et développe un marché relativement restreint en élargissant sa gamme et en ciblant une clientèle féminine. Il crée notamment la poudre de riz Java qui connaîtra un grand succès. En 1890, il s’associe avec Emile Osordi qui apporte les fonds nécessaires à ce développement. La société A. Bourjois & Cie est créée. Après le décès prématuré de Bourgeois, Osordi travaille quelque temps avec ses héritiers puis rachète leurs parts. A son tour, il cherche un investisseur. Ce sera Wertheimer ! En 1898, Ernest Wertheimer prend 50% des parts et la direction de la société qui devient E. Wertheimer & Cie.

    En 1909, Ernest Wertheimer est fait chevalier de la Légion d’Honneur. Ses fils, Paul (né en 1883) et Pierre (1888) travaillent à ses côtés.
    En 1910, Bourjois Inc. est créée aux Etats-Unis.
    En 1921, après le décès d’Osordi, la société change de nom est devient E. Wertheimer & fils, puis, en 1923, Wertheimer Frères.

    Ernest Wertheimer décède le 14 octobre 1927 à Paris.

    Les débuts d'une success story

    Ernest Wertheimer fréquente d’autres expatriés alsaciens, parmi lesquels Théophile Bader qui vient de fonder les Galeries Lafayette et qu’il connaît de longue date : leurs grands-parents, marchands de bestiaux à Obernai pour le premier, à Dambach-la-Ville pour le second, se fréquentaient déjà ! Bader possède les immeubles des 38, 40 et 42 boulevard Haussmann et du 15 de la rue de la Chaussée d’Antin. Pour se développer, il souhaite acquérir le 23 rue de la Chaussée d’Antin. Wertheimer et Osordi lui accordent un prêt de 800 000 francs en 1909, prêt avec lequel, Bader va pouvoir donner forme à son projet : le magasin, conçu par Georges Chedanne et Ferdinand Chanut -à l’origine de la coupole-, prend la forme que nous connaissons aujourd’hui. Et les produits Boujois figurent en bonne place !

    En août 1923, à Deauville, Théophile Bader présente une couturière en vogue à Ernest Wertheimer. Il la connaît depuis longtemps : sa première boutique était située rue Cambon et c’est aux Galeries Lafayette qu’elle achetait les formes pour créer ses chapeaux. Elle vient de passer commande d’un parfum et, parmi les échantillons présentés, elle a choisi le cinquième. Elle l’a donc, tout simplement, baptisé “n°5“. Elle s’appelle Gabrielle Chanel, on la surnomme Coco et, depuis une dizaine d’années, elle révolutionne la mode féminine. Wertheimer, propriétaire des produits de beauté “Bourjois“, est l’homme idéal pour en assurer la production et la commercialisation. Il prend donc 70% du capital de la nouvelle société des Parfums Chanel, 20% allant à Bader et les 10% restant à Chanel.

    En 1954, Pierre Wertheimer prend le contrôle de la maison de couture Chanel. Ses arrière-petits-fils (les enfants de Jacques, fils unique de Pierre) sont toujours copropriétaires de la maison de couture et des cosmétiques Bourjois.