Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 2

  • Maximilien Ier, comte alsacien et roi de Bavière

    Maximilien de Wittelsbach, comte de Ribeaupierre, né le 27 mai 1756 à Schwetzingen.

    Max.jpgBien que lui-même soit né de l'autre côté de la frontière, il y a de solides racines :

    - Son arrière-grand-père, Christian II de Birkenfeld-Bischweiler (fils de Christian Ier de Birkenfeld-Bischweiler et de Madeleine de Wittelsbach-Deux-Ponts) est né à Bischwiller le 22 juin 1637. Par son mariage avec la comtesse Catherine Agathe de Ribeaupierre, il entre en possession du comté de Ribeaupierre, puis il achète la seigneurie de Bergheim et hérite du comté de La Petite-Pierre. C’est lui qui, en 1686, transfère la traditionnelle fête des Ménétriers à Bischwiller.

    - Son grand-père, Christian III de Deux-Ponts-Birkenfeld (1674-1735), comte palatin de Birkenfeld et de Birkenfeld-Bischweiler de 1715 à 1735 et également duc du Palatinat-Deux-Ponts de 1731 à 1735.

    - Son père Frédéric-Michel de Deux-Ponts-Birkenfeld (fils cadet du précédent et de Caroline Nassau-Sarrebrück), est né à Ribeauvillé en 1724. Il est comte palatin de Deux-Ponts-Birkenfeld et comte de Ribeaupierre. Il est fait chevalier de la Toison d’or en 1759. Il décède à Schwetzingen en 1767.

    Maximilien grandit à Strasbourg où il a pour précepteur Agathon Guinement, chevalier de Keralio, ancien aide de camp du maréchal duc de Broglie. Celui-ci est assisté dans sa tâche par l’abbé Pierre de Salabert (qui suivra Maximilien à Munich et deviendra son confident) et du mathématicien Jean-François Le Ratz de Lanthenee.

    Plaque.jpgSon père meurt en 1767 et son frère devient, de fait, héritier de Charles IV Théodore, Électeur de Bavière et du Palatinat. Maximilien, lui, héritera du titre de comte de Ribeaupierre. Il entre au service du roi de France. A 20 ans, il devient colonel du régiment Royal Alsace, acquis en 1667 par son arrière-grand-père.
    De 1771 à 1791, il réside dans l’hôtel particulier de la famille, aujourd’hui palais du gouverneur militaire, 13 rue Brûlée. C’est là que naîtra, en 1786, son premier enfant, Louis (en hommage à son parrain, Louis XVI) et, en 1788, sa fille Augusta qui épousera Eugène de Beauharnais, fils adoptif de Napoléon.

    La révolution oblige Maximilien à quitter Strasbourg. La mort de son frère en 1795 fait de lui le duc souverain de Deux-Ponts et comte de Birkenfeld et l’héritier de l’Electeur de Bavière. Cette même année il perd également son épouse, Wilhelmine de Hesse-Darmstadt.
    Deux ans plus tard, il épouse Caroline de Bade devenant ainsi le beau-frère du futur tsar Alexandre Ier de Russie ainsi que du roi Gustave IV Adolphe de Suède !
    Les troupes révolutionnaires françaises occupant le duché de Deux-Ponts et le Palatinat, il s’installe dans son duché de Bavière.
    Dès l’accession de Napoléon au pouvoir, Maximilien lui apporte son soutien politique et militaire. Le traité de Lunéville (1801) lui fait perdre le Palatinat, mais la Bavière y gagne le Tyrol, Salzbourg et le Vorarlberg. En 1806, la Bavière est érigée en royaume et le duc Maximilien II devient le roi Maximilien Ier. C’est cette année-là que sa fille épouse Eugène de Beauharnais, mais apprenant que l’Empereur souhaitait également “fournir“ une épouse de son clan au futur Louis Ier de Bavière, Maximilien arrange au plus vite le mariage de son fils avec Thérèse de Saxe-Hildburghausen. C’est la fête organisée à l’occasion de ce mariage qui sera à l’origine de la célèbre Oktoberfest de Munich !

    Après la campagne de Russie, sentant le vent tourner, Maximilien se range aux côtés des Alliés. Le Congrès de Vienne lui confirme son titre royal, en compensation du Tyrol la Bavière reçoit la Franconie et récupère la partie du Palatinat située sur la rive gauche du Rhin. Pour sceller l’union avec l’Autriche, sa fille Sophie épouse l’archiduc François-Charles d’Autriche (deux empereurs naîtront de cette union : François-Joseph Ier d’Autriche et Maximilien Ier du Mexique) et pour réunir la famille Wittelsbach, sa fille Ludovika épouse l’autre Maximilien de Bavière, chef de la branche cadette de la famille (parmi leurs huit enfants, il y aura Elisabeth Amélie Eugénie, dite Sissi qui épousera en 1854 son cousin François-Joseph Ier).
    Maximilien décède à Munich le 13 octobre 1825.

    Pour l'anecdote : à Strasbourg, Maxilien (que les Strasbourgeois surnommaient le Grand Max) avait assisté au récital de piano donné le 17 octobre 1778 par Mozart.

  • Lazare de Schwendi

    Le 27 mai 1583 à Kirchhoffen, dans le Pays de Bade, disparaissait Lazare de Schwendi dont la statue (due à Bartholdi) surmonte la fontaine de la place de l’Ancienne Douane à Colmar.

    schwendi,bartholdi,tokay,colmar,kientzheimLazare de Schwendi est né en juin 1522 à Mittelbiberach, en Souabe. Fils illégitime de Ruhland de Schwendi et d’une servante, il est légitimé par l’empereur Charles Quint en 1524. Il n’a que 3 ans à la mort de son père qui désigne par testament la ville de Menningen comme exécuteur testamentaire et tuteur de son fils. Il fait ses études aux universités de Strasbourg et de Bâle avant d’entrer, en 1546, au service de Charles Quint. L’année suivante, il est nommé émissaire impérial et négociateur pour les affaires religieuses à Augsbourg, Ulm et Strasbourg, puis colonel impérial. Puis, il effectue plusieurs missions diplomatiques. En 1552, il est élevé au rang de chevalier, conseiller impérial et comte palatin et nommé bailli au château de Brisach. L’année suivante, il est ambassadeur à la Cour impériale à Bruxelles.

    En 1556, le fils de Charles Quint, Philippe II, roi d’Espagne  et prince souverain des Pays-Bas, le nomme gouverneur de la ville qui porte son nom, Philippeville, dans la province de Namur. Après la bataille de Gravelines, en désaccord avec la politique espagnol aux Pays-Bas, Schwendi quitte le service de Philippe II.

    En 1564, il entre au service de l’empereur Maximilien II qui lui confie le commandement en chef des troupes allemandes. Il part combattre les Turcs en Hongrie et c’est là, le 11 février 1565, qu’il prend la forteresse de Tokaj.

    La légende veut qu’il en rapporta le savoir-faire viticole et le cépage qui allait donner le Tokay d’Alsace. Il ne se doutait certainement pas qu’il allait être à l’origine d’une longue bataille juridique entre la Hongrie et l'Alsace concernant cette appellation qui a définitivement disparue le 1er janvier 2007 pour être remplacée par celle de Pinot Gris.

    En 1568, Lazare de Schwendi se retire sur ses terres : il avait acquis la seigneurie de Burkheim (Kaiserstuhl) en 1560, la ville et le château de Triberg ainsi que la seigneurie de Hohenlandsberg en 1563. En août 1568, il est fait baron de Hohenlandsberg. Cette seigneurie se compose du village et du château de Kientzheim, de Sigolsheim, d’Ingersheim, de Katzenthal et de Logelheim ainsi qu’une partie de Niedermorschwihr, de Wintzenheim, d’Ammerschwihr et de Turckheim. En 1577, il devient seigneur de Kirchhofen (Pays de Bade) et l’année suivante, prévôt impérial de Kaysersberg.

    Il n’effectue plus qu’une mission officielle, en 1581 (l’nspection des défenses d’Ensisheim, la capitale des possessions des Habsbourg en Alsace) et la rédaction d’un rapport sur les travaux à entreprendre.

    Après son décès à Kirchhofen, le 27 mai 1583, son corps est rapatrié à Kientzheim (sa résidence préférée) et inhumé dans l’église où l’on peut encore voir sa pierre tombale.. 

    Le château de Kientzheim est aujourd’hui le siège de la Confrérie Saint-Etienne et abrite le Musée du Vignoble et des Vins d’Alsace.

     

    En 1986, une Fédération des Villes de Lazare de Schwendi a été créée. Elle regroupe Kientzheim, Ingersheim, Logelheim, Sigolsheim, Wintzenheim, Turckheim, Munster, Ammerschwihr, Niedermorschwihr, Katzenthal, Kaysersberg en France, Kirchhofen (Ehrenkirchen), Burkheim (Vogtsburg), Triberg, Mittelbiberach et Schwendi en Allemagne et Philippeville en Belgique.

     

    Si l’on a pu longtemps croire que Schwendi a introduit le Tokay en Alsace (sa statue, due à Bartholdi, le montre brandissant un plant), il est aujourd’hui établi qu’il n’en est rien. Le Tokay de Hongrie était alors particulièrement apprécie et dans de nombreuses régions viticoles, on rêvait de produire un vin semblable. Schwendi aurait ramené des plants à Kientzheim pour les multiplier. Mais il se serait trompé de cépage ! Le Tokay hongrois est issu du Furmint alors que le Pinot Gris est originaire de Bourgogne. Ce dernier aurait vraisemblablement été substitué au cépage hongrois ramené par Schwendi qui ne donnait pas les résultats escomptés.

  • Ernst Wachter, un chanteur français à Bayreuth

    19 mai 1872 : Naissance à Mulhouse d'Ernst Wachter.

    Après des études de chant à Leipzig, il fait ses débuts dans le rôle de Ferrando du "Trouvère" de Verdi à la Hofoper de Dresde en 1894. En 1896, il est invité au Festival de Bayreuth où il chante les rôles de Fasolt (Rheingold) et Hunding (Götterdämmerung). L'année suivant il reprend le rôle de Hunding et chante celui de Gurnemanz  de "Parsifal", qu'il reprendra en 1899. Jusqu'en 1909, il est membre de la troupe de la Hofoper de Dresde où il participe à plusieurs créations dont celles de deux œuvres de Richard Strauss, "Feuersnot" (Jörg Pöschel) et Salome (un cappadocien). Il est également invité à la Hofoper de Munich, ainsi qu'à celles de Berlin et de Vienne, et chante en concert à Londres sous la direction de Felix Mottl. Durant la saison 1910-1911, il chante au Stadttheater de Zurich, puis, entre 1915-1919, il est engagé à l'Opernhaus de Leipzig. C'est dans cette ville qu'il achève sa carrière comme professeur de chant et qu'il meurt en août 1931.

    Toutes les biographies le considèrent comme Allemand. De fait, il est né un an après l'annexion et son nom a été germanisé (les prénoms figurant sur l'acte de naissance sont Ernest Julien).

    Acte Naissance EW.jpg

    Même s'il semble avoir choisi de rester Allemand après le retour de l'Alsace à la France, il est Mulhousien !