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Alsace

  • Albert II de Monaco

    prince-albert-ii-de-monaco.jpgAlbert Alexandre Louis Pierre Grimaldi est né le 14 mars 1958 à Monaco.

    Parmi les nombreux titres dont il a hérité, certains le rattachent à notre région : il est comte de Ferrette, de Belfort, de Thann et de Rosemont, baron d’Altkirch et seigneur d’Issenheim.

    Après des études secondaires au lycée Albert-Ier où il passe son baccalauréat en juin 1976, il entre comme élève-officier à l’École Navale et embarque pour le traditionnel stage sur le porte-hélicoptères Jeanne d’Arc (il est lieutenant de vaisseau de réserve dans la Marine Française). Il poursuit ses études aux Etats-Unis et obtient une licence de science politique avant de faire plusieurs stages en entreprises (JP Morgan Chase & Co à New York, LVMH à Paris…)

    Sportif accompli (il pratique l’athlétisme, le football, le tennis, le judo, l’aviron, la voile, le ski, le squash, la natation, le bobsleigh et le pentathlon moderne !), il participe  aux Jeux olympiques d’hiver de 1988, 1992, 1994, 1998 et 2002 en bobsleigh, ainsi qu’au Rallye Paris-Dakar en 1985 et 1986.

    En 1993, lors de l’admission de la principauté de Monaco à l’ONU, il est nommé à la tête de la délégation monégasque à l’Assemblée générale des Nations Unies.

    Depuis le 6 avril 2005, il est le quatorzième Prince souverain de Monaco.

     

  • 8 mars 1262 : la bataille de Hausbergen

    Histoire.jpgIl y a, dans notre histoire, des dates, pourtant marquantes, totalement tombées dans l’oubli.

    Dans l’histoire de l’Alsace, il y a ainsi eu la bataille de l’Ochsenfeld (en 58 av. J.-C.), la deuxième bataille majeure de la Guerre des Gaules, au cours de laquelle les troupes romaines, commandées par Jules César lui-même, ont battu celles d’Arioviste dans le sud de l’Alsace, chassant les Germains de l’autre côté du Rhin (une bataille qui s’est déroulée dans entre Cernay et Wittelsheim). Il y eut encore les “Serments de Strasbourg“ du 14 février 842, acte de naissance du français écrit, le massacre des juifs de Strasbourg du 14 février 1349, la célèbre charge des cuirassiers de Reichshoffen du 6 août 1870…

    Nous sommes en 1261. Walther de Geroldseck (1231-1263) qui avait été élu évêque de Strasbourg le 27 mars 1260, veut restaurer son autorité et faire de Strasbourg une principauté épiscopale. Il est soutenu par la noblesse locale contre les bourgeois de la ville qui n’entendent pas renoncer à leurs droits. En effet, l’empereur Philippe de Souabe avait accordé à Strasbourg les privilèges de ville libre impériale en 1201. Celle-ci était donc, de fait, libérée de la tutelle temporelle de l’évêque.
    Sur cela se greffe également un problème financier : l’évêque perçoit des taxes de juifs de la ville, mais la ville veut également avoir sa part et leur impose la fourniture des bannières en soie de la ville ainsi que certaines taxes. Ceci n’est pas du goût de l’évêque qui craint que ces taxes municipales réduisent d’autant celles qu’il perçoit et il interdit donc à la ville de les prélever.
    A ces deux points, strictement locaux, s’ajoute un contexte favorable à la rébellion : une autorité impériale qui s’affaiblissait, des seigneurs et des cités qui se déclarent unilatéralement indépendants…

    Le point de non retour est atteint lorsque l’évêque, en conflit avec Metz, donne l’ordre à la milice urbaine de se tenir prête à le suivre dans l’expédition qu’il s’apprêtait à mener contre les Lorrains.
    Les magistrats, soutenus par la population, mais également par la noblesse locale, refusent.
    L’évêque lance alors l’interdit sur la ville, c’est-à-dire l’interdiction d’organiser le culte.
    La ville, sûre de son bon droit, en appelle au Pape et à l’Empereur.
    L’évêque, sûr du sien, se retranche dans son château de Dachstein, mais autorise néanmoins son cousin Henri de Geroldseck, doyen du chapitre de la cathédrale, à rester à Stasbourg avec quelques prêtres (Walther aimait trop son cousin ; il y avait au fond de son coeur trop de générosité chevaleresque pour qu’il voulût laisser les Strasbourgeois sans secours religieux).
    Les escarmouches entre les troupes de l’évêque et la milice strasbourgeoise sont quotidiennes. Ces dernières prennent de plus en plus d’assurance et détruisent le château de Haldenbourg, l’une des forteresse de Geroldseck.

    Début 1862, l'impatience commence à gagner le camp strasbourgeois, inquiet de la présence d'un fort contingent de troupes épiscopales à Mundolsheim, menaçant directement Strasbourg.
    Au matin du mercredi 8 mars 1262, alors que Mundolsheim vient d'être prise par la milice strasbourgeoise, des renforts, conduits par l’évêque lui-même, arrivent de Dachstein. Pris entre deux feux (la milice venant de Mundolsheim et la cavalerie, conduite par Nicola de Zorn, arrivant de Strasbourg), l’évêque, qui avait eu deux cheveux tués sous lui durant la bataille, ordonne la retraite.
    Il tentera de reprendre le combat le 9 juillet, mais abandonné par ses alliés, il se retire définitivement et décède le 12 février 1263.

    C’est son cousin, Henri de Geroldseck, resté auprès des Strasbourgeois pendant tous ces événements qui prendra sa succession, scellant définitivement la réconciliation entre le pouvoir épiscopal et la ville.

    Pour célébrer leur victoire, et en signe d’indépendance, les Strasbourgeois prirent pour armoiries, en les inversant, celles de l’évêché. Ce sont toujours les couleurs de la ville de Strasbourg.

  • Les Serments de Strasbourg


    14 février 842 : Serments de Strasbourg (Sacramenta Argentariae)

    C'est un acte fondateur qui a eu lieu ce jour-là : la naissance officielle du français écrit.

    SermentStrasbourg.jpg

    Pour faire court, à la mort de Charlemagne, son fils Louis 1er le Pieux lui succède. Plusieurs conflits éclateront entre ses fils et lui, entre les fils eux-même… Après le décès de Louis le Pieux, c'est logiquement Lothaire 1er (795-855), l'aîné, qui doit prendre sa succession, ce qui n'est pas du goût de deux de ses frères Louis II de Germanie (806-876) et Charles II le Chauve (823-877). Et c'est le 14 février 842 que les deux frères unissent leurs forces et qu'est rédigée une alliance militaire connue sous le nom de Serments de Strasbourg.

    Pourquoi Serments, au pluriel ? Tout simplement parce qu'il y en a quatre : ceux des deux frères et ceux de leurs troupes respectives. Et pour la première fois, ces textes seront rédigés, non en latin, mais en langue romane et en langue tudesque afin d'être compris par l'ensemble des troupes. La langue romane, utilisée par Louis le Germanique est l'ancêtre de la langue d'oïl, quant à Charles le Chauve, il utilise une forme évoluée du francique parlée dans la région rhénane. Le serment de chaque frère et celui de leurs hommes sont ainsi rédigés dans la langue de l'autre.

    Ces textes sont donc la première attestation écrite de l'existence de ces langues. 

    Le serment de Louis le Germanique : « Pro deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvament, d'ist di in avant, in quant deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo et in aiudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra salvar dist, in o quid il mi altresi fazet, et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai, qui meon vol cist meon fradre Karle in damno sit. » (Pour l'amour de Dieu et pour le peuple chrétien et notre salut commun, à partir d'aujourd'hui, en tant que Dieu me donnera savoir et pouvoir, je secourrai ce mien frère Charles par mon aide et en toute chose, comme on doit secourir son frère, selon l'équité, à condition qu'il fasse de même pour moi, et je ne tiendrai jamais avec Lothaire aucun plaid qui, de ma volonté, puisse être dommageable à mon frère Charles.)

    Celui des troupes de Charles le Chauve : « Si Lodhuvigs sagrament, que son fradre Karlo iurat, conservat, et Karlus meos sendra de suo part non lo tanit, si io returnar non l'int pois : ne io ne neuls, cui eo returnar int pois, in nulla aiudha contra Lodhuvig nun li iu er. » (Si Louis observe le serment qu'il jure à son frère Charles et que Charles, mon seigneur, de son côté, ne le maintient pas, si je ne puis l'en détourner, ni moi ni aucun de ceux que j'en pourrai détourner, nous ne lui serons d'aucune aide contre Louis.)

    Le serment de Charles le Chauve : « In Godes minna ind in thes christianes folches ind unser bedhero gealtnissi, fon thesemo dage frammordes, so fram so mir Got geuuizci indi mahd furgibit, so haldih tesan minan bruodher, soso man mit rehtu sinan bruodher scal, in thiu, thaz er mig sosoma duo ; indi mit Ludheren in nohheiniu thing ne gegango, zhe minan uuillon imo ce scadhen uuerhen. » (Pour l'amour de Dieu et pour le salut du peuple chrétien et notre salut à tous deux, à partir de ce jour dorénavant, autant que Dieu m'en donnera savoir et pouvoir, je secourrai ce mien frère, comme on doit selon l'équité secourir son frère, à condition qu'il en fasse autant pour moi, et je n'entrerai avec Lothaire en aucun arrangement qui, de ma volonté, puisse lui être dommageable.)

    Le serment des troupes de Louis le Germanique : « Oba Karl then eid, then er sinemo bruodher Ludhuuuige gesuor, geleistit, indi Ludhuuuig min herro, then er imo gesuor, forbrihchit, ob ih inan es iruuenden ne mag, noh ih noh thero nohhein, then ih es iruuenden mag, uuidhar Karle imo ce follusti ne uuirdit. » (Si Charles observe le serment qu'il a juré à son frère Louis et que Louis, mon seigneur, rompt celui qu'il lui a juré, si je ne puis l'en détourner, ni moi ni aucun de ceux que j'en pourrai détourner, nous ne lui prêterons aucune aide contre Charles.)

    Les hostilités cesseront avec le traité de Verdun en 843 :
    Lothaire Ier est nommé Empereur et reçoit la Francie médiane, Francia media (une large bande de la mer du Nord à l'Italie du nord incluant la Lorraine, L'Alsace, la Bourgogne, la Provence…)
    Louis le Germanique reçoit la Francie orientale, Francia orientalis ou Germanie (Une grande partie de l'Allemagne)
    Charles le Chauve reçoit la Francie occidentale, Francia occidentalis (une grande partie de la France actuelle, moins toute sa façade est et la Bretagne).