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D'r Elsass blog fum Ernest-Emile

  • Charles Münch

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    26 septembre 1891 : Naissance à Strasbourg de Charles Münch.

    Premier violon de l’orchestre municipal de Strasbourg (aujourd’hui Orchestre Philharmonique de Strasbourg), il occupe ensuite de 1925 à 1932 le même poste au Gewandhaus de Leipzig avant de se tourner vers la direction d’orchestre.

    Il est nommé directeur de l’orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire en 1938, puis de l’orchestre de Boston en 1949. En 1962, il revient en France où, après la dissolution de l’orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, il fondera (avec Serge Baudo) l’Orchestre de Paris (1967) dont il prend la direction musicale.

    Il décède d’une crise cardiaque, le 6 novembre 1968, lors d’une tournée aux Etas-Unis avec cet orchestre.

     

  • Léon Boëllmann

    LeonBoellmann.jpgLéon Boëllmann est né le 25 septembre 1862 à Ensisheim où son père est pharmacien.

    Nous n’avons que très peu d’informations sur ses premières années et une seule certitude : le jeune Léon a eu une formation musicale comme cela était courant dans les familles bourgeoises de l’époque. Une formation qui a permis de révéler un talent certain puisqu’il est admis, en 1875 (à 13 ans), à l’Ecole de Musique Religieuse fondée une vingtaine d’années plus tôt par Louis Niedermeyer. Comment y est-il arrivé ? De nombreux organistes alsaciens y avaient fait leurs études et, à cette époque, plusieurs jeunes organistes des environs d’Ensisheim y poursuivaient les leurs. Il est donc logique de penser que la réputation de l’école avait du parvenir jusqu’à la pharmacie d’Antoine Boëllmann, fréquentée par des parents de ces musiciens. Deux autres événements ont également dû fortement contribuer à ce choix : le décès d’Antoine Boëllmann en 1870 et l’annexion de l’Alsace qui avait incité de nombreuses familles francophiles à envoyer leurs enfants poursuivre leurs études hors de la région.

    Léon se voit octroyer une demi-bourse et suit donc l’enseignement très complet de la prestigieuse école. Un enseignement qui, s’il privilégie la musique (solfège, chant, piano, orgue, harmonie, contrepoint, instrumentation…) n’en néglige pas pour autant les matières littéraires (français, histoire, géographie, grec et latin). Boëllmann se liera particulièrement avec l’un de ses professeurs, Eugène Gigout, qu’il considérera comme son maître.

    En juin 1881, à sa sortie de l'école (il a 19 ans), Léon Boëllmann se voit confier l’orgue de chœur de l’église Saint-Vincent-de-Paul à Paris, poste qu’il occupera jusqu’en mai 1887 lorsque il remplacera le titulaire, démissionnaire, du grand orgue. Il entame également une carrière de compositeur qui lui vaudra plusieurs récompenses de la Société Internationale des Organistes et Maîtres de Chapelle : le Prix d’honneur pour “Monstra te esse Matrem“ et une première mention pour sa Marche Nuptiale en octobre 1882, le 1er Prix à l’unanimité avec félicitations du jury pour son “Offertoire sur des Noëls“ en décembre de la même année, le 1er Prix pour “Communion et Elévation pour harmonium ou orgue“ en mars 1884, le 2e Prix pour “Ave verum, solo avec accompagnement d’orgue“ en juin 1884 et le 1er Prix pour “ Ave Maria, solo avec violon, harpe et orgue“ en septembre 1884.

    Louis Niedermeyer, le fondateur de l’école avait deux filles, Suzanne Louise Eulalie et Caroline Mathilde. La première avait épousé Gustave Lefèvre, qui avait pris la direction de l’école en 1861 à la mort de son beau-père, et la seconde, Eugène Gigout, le maître de Boëllmann.
    En 1885, Léon Boëllmann épouse Louise, la fille de Gustave Lefèvre entrant ainsi dans la famille Niedermayer et devenant le neveux par alliance de son maître qui, n’ayant pas d’enfant, l’adopte. Cette même année, Gigout quitte l’école Nierdemayer pour fonder sa propre école d’orgue dont Boëllmann devient professeur.

    Organiste virtuose, il mène de front ses activités d’enseignant et de compositeur avec celle de concertiste, se produisant tant à Paris qu’en province. Sa carrière sera de courte durée. Le 11 octobre 1897, à 35 ans, il meurt des suites d’une maladie pulmonaire. Sa femme décède tout juste un an plus tard et leurs trois enfants sont recueillis par Eugène Gigout.

    Léon Boëllmann a composé près de 160 œuvres, pour orgue bien sûr, mais également des mélodies, des pièces pour piano, violon, violoncelle, orchestre…

  • 25 août 1942 : l’incorporation de force

    Un bref rappel historique s’impose.

    Après l’armistice du 22 juin 1940, l’Alsace est un territoire occupé administré par le chef de l’administration civile (gauleiter) du Pays de Bade, Robert Wagner, sous le contrôle de l’armée d’occupation.  Le 4 juillet, l’Allemagne décide, de manière unilatérale, de rétablir l’ancienne frontière franco-allemande de 1871. Le 2 août 1940, un décret de Hitler confie l’administration du territoire au gauleiter : l’armée n’a plus aucun droit de regard sur les affaires civiles. Le 7 août, l’Alsace cesse d’être un territoire occupé pour devenir partie intégrante du Reich. L’autorité de Wagner est renforcée par un second décret (18 octobre 1940) qui le nomme gauleiter du Reichsgau Oberrhein regroupant l’Alsace et le Pays de Bade. Il dispose dès lors des pleins pouvoirs, n’ayant de comptes à rendre qu’au seul Führer.

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    Les “Malgrés-nous“

    Le 24 août 1942, le gauleiter Wagner signe une ordonnance qui prendra effet dès le lendemain : les Alsaciens sont désormais contraints d’effectuer leur service militaire dans l’armée allemande, en violation de la convention de La Haye de 1907 (notamment les articles 23 et 45). Le but avoué de cette incorporation de force est avant tout idéologique, il vise à renforcer le processus de germanisation et d’intégration de l’Alsace dans le Reich. Du moins dans un premier temps, car la défaite de Stalingrad (qui coûté 380 000 hommes à la Wehrmacht) oblige l’armée allemande à trouver de nouvelles recrues.
    Wagner ira encore plus en incorporant d’office la moitié de la classe 1926 dans la Waffen SS en février 1944, puis, en avril, une proportion encore plus importante des classes 1908 à 1910 et, enfin, en novembre (alors qu’une grande partie du territoire français est libéré et qu’à la fin de ce même mois, les troupes alliées libéreront Mulhouse et Strasbourg !) c’est au tour de la classe 1927 (des jeunes hommes de 17 ans).
    Si, au début, un certain nombre d’appelés envisage la fuite pour échapper à l’incorporation, les mesures de rétorsion (exécution sommaire, mise sous séquestre des biens, déportation des familles - 3 543 personnes déportées en 1943 -.…) auront raison des plus velléitaires.
    21 classes d’âge ont été concernées (de 1908 à 1928) soit environ 100 000 Alsaciens. 35000 ont été tués ou portés disparus (dont 13 000 sur le front de l’Est), plus de 30 000 ont été blessés (dont 10 000 grièvement), plus de 17 000 ont péri dans les camps russes.
    Ceux détenus dans des camps soviétiques ne rentreront que par petites vagues jusqu’en 1947, quelques retours isolés ayant lieu jusqu’en avril 1955, lorsque le dernier d’entre-eux, Jean-Jacques Remetter ne regagne enfin à Strasbourg.
    Il faudra encore attendre de nombreuses années pour que la situation particulière des “Malgré-Nous“ soit enfin reconnue.
    Un hommage solennel leur a été rendu le 8 mai 2010, à Colmar, par le président Sarkozy.