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D'r Elsass blog fum Ernest-Emile

  • 7 août 1940 : annexion de fait de l'Alsace

    Le sort de l’Alsace et de la Moselle n’était évoqué dans aucune des clauses de l’armistice du 22 juin 1940 et c’est donc de manière unilatérale que l’Allemagne décide de rétablir l’ancienne frontière franco-allemande de 1871, le 4 juillet 1940.

    Le 18  juillet, des dirigeants autonomistes pro-nazi signent le manifeste des Trois-Épis, une demande officielle adressée à Hitler d’annexion de l’Alsace au Reich.

    Le 2 août 1940, l’Alsace et la Moselle cessent d’être un territoire français militairement occupé et deviennent provinces d’origine allemande recouvrées par le IIIe Reich.

    Le 7 août, Joseph Bürckel, Gauleiter de Saarpfalz (Sarre-Palatinat), et Robert Wagner, Gauleiter de Baden (Pays de Bade), sont nommés respectivement chef de l’administration civile en Moselle et en Alsace ce qui revient à prononcer de fait l’annexion pure et simple de l’Alsace-Moselle par l’Allemagne. L’ancien Reichsland “Elsass-Lothringen“, tel qu’il existait entre 1871 et 1918, n’est pas reconstitué : la Moselle et Saarpfalz forme un nouveau Gau, Westmark, tandis que l’Alsace est intégrée dans le Gau “Oberrhein“ avec le Pays de Bade. Les administrateurs civils respectifs disposent de pouvoirs spéciaux et ne sont responsables que devant le Führer.

    Les préfets et sous-préfets sont démis de leurs fonctions, l’administration française est supprimée au profit de l’administration allemande dont les postes à responsabilités sont confiés à des fonctionnaires venus d’Allemagne. Pour les postes subalternes, les fonctionnaires alsaciens qui désirent conserver leur emploi sont contraint de signer une déclaration d’allégeance au Führer, ce qui est en flagrante contradiction avec l'article 45 de la Convention de La Haye de 1907 : "Il est interdit de contraindre la population d’un territoire occupé à prêter serment à la Puissance ennemie“.

    Dès le mois de septembre suivant, les établissements scolaires adoptent l’enseignement allemand. Les écoles confessionnelles sont interdites, les séminaires fermés et les religieux-enseignants licenciés. Les facultés de théologie de Strasbourg sont fermées au profit de celles de Heidelberg et Freiburg. Le concordat est aboli et la cathédrale de Strasbourg, fermée au culte, est destinée à devenir un monument national du Reich.
    Les réfugiés sont incités à rentrer alors que, dans le même temps, commencent les expulsions des “indésirables“ (les juifs, les nord-africains, les Tsiganes, les hauts-fonctionnaires, les Français installés après 1918, les francophiles…) qui se poursuivront jusqu’en 1943. Ces expulsées (ils seront environ 45 000) ont moins d’une heure pour quitter leur domicile. Ils n’ont droit qu’à 50 kg de bagages et 2 000 francs d’argent liquide. Ils doivent en outre signer une déclaration par laquelle ils s’engagent à ne pas revenir en Alsace. Leurs biens, théoriquement mis sous scellés, sont en fait saisis.

  • Jean-Georges Humann, le premier ministre alsacien !

    Humann.jpgPartisan d'un strict équilibre budgétaire, il avait (déjà) attiré l'attention sur l'importance de la dette de l'état ! Jean-Georges Humann a été le premier Alsacien à occuper une fonction ministérielle.

    Jean-Georges Humann est né le 6 août 1780 à Strasbourg, où son père (issu d’une famille de paysans de Fessenheim-le-Bas, dans le Kochersberg) était employé municipal. A 14 ans, il entre en apprentissage dans une fabrique de tabac, puis se lance dans l’épicerie. Devenu négociant en denrées coloniales à 19 ans, il se trouve rapidement à la tête d’une fortune considérable.

    Il devient alors membre de la Chambre de commerce de Strasbourg, juge au tribunal de commerce (1811, maintenu en 1814) et membre de la commission administrative des hospices civils (1816, renouvelé en 1821). En 1814, il est envoyé à Paris par la Chambre de commerce de Strasbourg pour plaider la cause des intérêts économiques de la région. Il est nommé membre du Conseil général du commerce (présidé par le ministre de l’Intérieur, le comte de Corbière) et se spécialise dans les questions financières.

    Tout en continuant à développer ses affaires (il créé une compagnie d’assurances, une compagnie rhénane de navigation à vapeur, la compagnie des Forges d’Audincourt et les Salines de l’Est, développe une raffinerie de sucre…), il entame une carrière politique et est élu député du Bas-Rhin en 1820, puis réélu en 1824. Il perd les élections suivantes, mais profite d’une élection partielle en Aveyron (où il avait des affaires) pour se faire élire dans ce département en 1828. Il devient ensuite rapporteur de la commission du budget.

    Le 11 octobre 1832, il est nommé ministre des Finances, fonction qu’il occupe jusqu’au 18 janvier 1836, date à laquelle il est contraint de démissionner suite à la présentation, devant l’assemblée, d’un nouveau projet de conversion des rentes désapprouvé par le gouvernement. Malgré sa démission, la polémique soulevée par ce projet entraîne la chute du gouvernement. Le roi Louis-Philippe lui offre alors de former un nouveau gouvernement, mais Humann refuse et rentre à Strasbourg.

    En 1837, il est nommé pair et revient à la politique. Le 29 octobre 1840, il est une nouvelle fois, nommé ministre des Finances. Partisan du strict équilibre budgétaire et hostile à de nouveaux impôts, il décide d’améliorer la perception de ceux qui existent déjà, notamment les droits de transmission d’offices (désormais fixés d’après la valeur réelle de l’office), les droits sur les boissons et l’impôt sur les portes et fenêtres. Pour ce dernier, il ordonne un recensement général des habitations qui révélera qu’un demi-million de bâtiments échappaient à l’impôt !

    Le 24 avril 1842, en fin de matinée, alors qu’il est en train de rédiger une note à son bureau au ministère, Jean-Georges Humann est foudroyé par une congestion cérébrale.

  • La charge des cuirassiers de Reichshoffen

    Cuirassiers.jpgLe 6 août 1870, deux semaines après le début de la guerre franco-prusienne, s'est déroulé l'un des épisodes les plus tragique de cette guerre, la charge des cuirassiers de Reichshoffen. En réalité, il y eu deux charges : celle des cuirassiers et lanciers du général Michel qui, pour rompre l'encerclement, se lancent au galop dans la rue principale de Morsbronn où ils sont décimés par les Prussiens embusqués dans les maisons et celle des cuirassés du général Bonnemain qui chargent dans les houblonnières de Reichshoffen et sont pris sous le feu de l'ennemi. Leur sacrifice permit à l'armée française de battre en retraite en bon ordre, mais, après cette lourde défaite, la France abandonna l'Alsace aux Allemands.

    Le tableau en illustration, La charge des cuirassiers de T. Lévigne est visible au Musée de la bataille du 6 août 1870 à Woerth.