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Alsace - Page 5

  • Paul Bocuse

    Bocuse.jpgEn quoi Paul Bocuse a-t-il sa place ici ? Il n'est pas Alsacien, n'a jamais vécu dans la région et, a priori,  il n'y a aucune raison d'évoquer son nom sur un blog consacré à l'Alsace. Et pourtant…

    Le lien qui l'unit à notre région est peut-être ténu, mais bien réel.

    Paul Bocuse est né à Collonges-au-Mont-d'Or, le 11 février 1926 dans l'auberge familiale. Sa famille tient un restaurant dans ce village depuis le XVIIIe siècle. A 16 ans, il entre en apprentissage à Lyon mais, deux ans plus tard, il abandonne tout pour s'engager volontairement dans la 1ère Division française libre, où il est incorporé au Bataillon de marche n°24. Cette troupe, après son débarquement en Provence, libère Toulon, remonte le long du Rhône, arrive à Lyon le 3 septembre 1944 et se dirige vers les Vosges. Elle participe à la défense de Strasbourg, puis à la libération de Colmar. C'est en Alsace que Paul Bocuse est blessé au combat. Soigné par les américains, il participe au défilé de la victoire à Paris en 1945.

    Voila déjà un premier point à l'actif de "M. Paul". Le second est la longue amitié qui le liait à cet autre "M. Paul", Paul Haeberlin, le chef de la fameuse “Auberge de l'Ill“. Les points communs ne manquent pas : deux auberges familiales, toutes deux situées à côté d'un pont franchissant le plus important affluent du fleuve local (Saône et Rhône pour l'une, Ill et Rhin pour l'autre), Bocuse obtient sa troisième étoile Michelin en 1965, Haeberlin en 1967 : leurs deux restaurants sont donc les deux plus anciens “trois étoiles“ au monde (du moins l'étaient, puisque l'Auberge de l'Ill a perdu sa troisième étoile) ! C'est chez Bocuse, encore, que Marc Haeberlin a fait une partie de son apprentissage et c'est à l'Auberge de l'Ill qu'a fait son apprentissage Christophe Muller, chef de cuisine de l'Auberge du Pont de Collonges et chef particulier de Paul Bocuse…

    A noter également que Paul Bocuse venait régulièrement chasser en Alsace et que, depuis 1967, les deux villages sont jumelés. L'Auberge de l'Ill est située 2 rue de Collonges-au-Mont-d'Or… quant à l'accès au parking de l'auberge collongearde, il se fait depuis le quai d'Illhausern !

     Paul Bocuse est décédé le 20 janvier 2018 dans l'auberge familiale où il a vu le jour.

  • De Schmuck à Berger-Levrault, une dynastie d'imprimeurs strasbourgeois

    Le 19 janvier 1721, François Guillaume Schmuck, originaire de Guémar, meurt à Strasbourg. En 1676, il avait créé dans cette ville une imprimerie librairie à l’angle de la rue des Juif et de la rue du Faisan.

    L’entreprise prend une dimension nationale sous la direction de François-Georges Levrault, l’époux de son arrière-petite-fille. Quatre de leurs fils feront carrière dans l’imprimerie : l’aîné, François, dirige l’imprimerie-librairie strasbourgeoise, Louis-Charles sera imprimeur du Roi, François-Xavier deviendra directeur de l’imprimerie impériale de la Grande Armée et Nicolas, imprimeur des lettre de la Grande Armée. Ce dernier participe aux campagnes napoléoniennes avec son matériel et c’est ainsi qu’il imprimera, entre autres, les déclarations du 1er et 2 décembre 1805 ainsi que le décret créant la Comédie Française. Il disparaîtra dans la Bérézina.

    A la mort de François, c’est sa veuve qui reprend la direction de l’entreprise strasbourgeoise. Sa fille et l’époux de celle-ci, Frédéric Berger, lui succéderont. En 1871, après l’annexion de l’Alsace, leur fils, Oscar Berger-Levrault, transfère l’administration et le service commercial de l’imprimerie à Nancy, mais conserve la librairie à Strasbourg. L’imprimerie strasbourgeoise, (devenue “Strassburger Druckerei und Verlagsanstalt“ puis “Imprimerie Strasbourgeoise“ et enfin “ISTA“) installée depuis sa création rue des Juifs, ne quittera définitivement les lieux qu’en 1985. Quant à la librairie, installée depuis 1918 place Broglie, après avoir changé de propriétaire en 1993, elle abandonne le nom de Berger-Levrault pour devenir la bibliothèque Broglie en 2001. Avec ses 335 ans d’activité, elle est considérée comme étant la plus ancienne librairie de France.

     

     

     

  • André Bloch, compositeur alsacien oublié

    André Bloch est né le 14 janvier 1873 à Wissembourg.

    Il entre très jeune au Conservatoire de Paris où il aura pour professeurs, entre autres, Ernest Guiraud et Jules Massenet. A 10 ans, il obtient une 2ème médaille de solfège puis, l’année suivante, la 1ère. Suivront le Premier Prix de piano à 16 ans et celui d’harmonie à 17 ans. A 19 ans, il tente le Prix de Rome et remporte un deuxième Second Prix. L’année suivante, en 1893, il décroche le Premier Grand Prix avec sa cantate “Antigone”.
    A son retour de Rome, en 1898, il est nommé professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris (où il aura, entre autres, pour élève Jehan Alain). Il enseigne également au Conservatoire américain de Fontainebleau. Là, dans les premières années, assistant d’un autre Grand Prix de Rome, Paul Vidal, qu’il remplace fréquemment, il a pour élève Aaron Copland.
    En 1934, il publie “Cent leçons à l’usage des écoles primaires” qui, comme son nom le laisse entendre, sera en usage dans les écoles avant-guerre.
    C’est par ses opéras qu’il se fera connaître. Le premier, “Maïda”, un conte musical en 4 actes et 5 tableaux sur un livret de Charles Rety-Darcours, est créé à Aix-les-Bains en 1909. Le dernier, “Guignol”, un opéra bouffe “de cape et de trique“ en 3 actes et 9 tableaux sur un livret d’Henri Fabert et Justin Godard, est créé à l’Opéra-Comique le 18 janvier 1849. Entre les deux, il y aura encore “Une nuit de Noël” (qualifié de conte bleu) composé à Rome et créé à Liège en 1922 ainsi que “Brocéliande”, légende lyrique créée l’Opéra de Paris le 25 novembre 1925.
    Son catalogue comprend également un ballet, “Feminaland,” créé à Monte-Carlo le 19 mars 1904, des poèmes symphoniques (“Kaa”, d’après “Livre de la Jungle” de Rudyard Kipling, créé le 2 avril 1933 aux Concerts Colonne, “Au Béguinage”, créé en 1956 au Théâtre des Champs-Elysées par l’Orchestre des Concerts du Conservatoire sous la direction de Josef Krips, “L’Isle nostalgique”), “Les Maisons de l’éternité” croquis d’orient pour violoncelle et orchestre, concerto-ballet pour piano et orchestre, petite suite dominicale pour petit orchestre, des pièces pour piano (Air à danser, Thème varié, Andantino), pour piano et flûte (Dans la palmeraie), piano et clarinette (Denneriana), piano et basson (Fantaisie variée, Goguenardises), des mélodies et duos (“Révélation” pour deux voix a cappella, “Mon père m’a donné un mari” et “Dans les bois” pour chant et piano)
    Il a également partiellement réorchestré “Les contes d’Hoffmann“ pour une représentation à Monte-Carlo en 1904.
    André Bloch décède à Paris le 7 août 1960.