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Alsace - Page 4

  • Jean Macé : tout a commencé à Beblenheim

    JeanMace.jpgUne fois de plus, l’homme du jour n’est pas Alsacien, mais c’est en Alsace qu’il a réalisé l’œuvre de sa vie. Si son nom est connu (de nombreux établissements scolaires lui sont dédiés), l’homme l’est beaucoup moins. Jean Macé est né le 22 août 1815 à Paris.

    Boursier, il fait ses études au collège Stanislas à Paris dont il sort bachelier ès-lettres à l’âge 20 ans. Si l’on sait peu de chose sur la période qui a suivi la fin de ses études, on trouve un article de sa plume dans le numéro du 15 janvier 1842 de la “Revue des Deux-Mondes“. Peu de temps après, il effectue son service militaire à Rouen avant de devenir secrétaire de son ancien professeur d’histoire jusqu’au décès de celui-ci, en 1847. L’année suivante voit ses débuts en politique : «J’approchais alors de trente-trois ans, a-t-il écrit plus tard, et je ne m’étais encore jamais occupé de politique ; autrement dit, je n’avais pas pris au sérieux jusque-là mes devoirs de citoyen, dont on ne m’avait pas assez parlé quand j’étais à l’âge où l’on doit vous parler de ces choses-là. Je n’oublierai jamais ce moment de ma vie où les idées de patrie et de justice se dressèrent pour la première fois, de toute leur hauteur, devant moi, et entrèrent en maîtresses dans mon esprit, qu’elles n’avaient fait encore qu’effleurer. Je restai enfermé dans ma petite chambre, sans presque dormir ni manger, tant que dura ce travail entièrement nouveau pour moi.».

    Il publie “Lettres d’un garde national à son voisin“ sous le pseudonyme de Jean Moreau et s’engage activement, publie “Les Vertus du républicain“ puis, de novembre 1848 à juin 1849, dirige le Bureau de propagande socialiste. Il est l’un des trois commissaires chargés de veiller au bon déroulement de la marche du 13 juin 1849, mais l’échec de cette journée et les poursuites contre les organisateurs, l’oblige à fuir et il se réfugie chez un ami en Normandie jusqu’à ce qu’il bénéficie d’un non-lieu.

    En 1850, en déplacement en Alsace dans le cadre de son travail au journal “La République“, il visite le pensionnat de jeunes filles du Petit-Château de Beblenheim. Quelques mois plus tard, après le coup d’État du 2 décembre 1851, c’est là que Jean Macé viendra trouver refuge en tant que professeur. Tout en enseignant, il rédige des ouvrages de vulgarisation : “L’histoire d’une bouchée de pain, ou la digestion racontée aux enfants“, “les Serviteurs de l’Estomac“, “le Théâtre et les Contes du Petit-Château“, “l’Arithmétique du Grand-Papa“…
    En 1863, il crée la Société des bibliothèques communales du Haut-Rhin.
    L’année suivante, avec l’éditeur Pierre-Jules Hetzel, ancien condisciple à Stanislas et républicain exilé en Belgique, il créé “Le Magasin d’éducation et de récréation“, journal ayant pour but est de diffuser les connaissances de manière ludique qui se verra décerné, en 1867, le Prix Montyon de l’Académie Française, qui récompense l’engagement en faveur de la diffusion du savoir.
    Le 25 octobre 1866, dans le journal “L’Opinion nationale“, il lance un appel pour la création d’une Ligue de l’enseignement, s’inspirant de l’exemple belge : «Une coalition organisée dans tous nos départements, entre tous les hommes de bonne volonté qui ne demandent qu’à travailler à l’enseignement du peuple, sans plus, cette coalition ne serait pas de trop pour ce que nous avons à faire. Pourquoi, puisqu’on parle de remanier notre système militaire, pourquoi, à côté de l’armée régulière, ne chercherions-nous pas à organiser aussi la landwehr de l’enseignement ?». Un appel qu’il renouvelle le mois suivant : « Je fais appel à tous ceux qui conçoivent la Ligue future comme un terrain neutre, politiquement et religieusement parlant, et qui placent assez haut la question de l’enseignement populaire, dans le sens strict du mot, pour accepter de la servir toute seule sur ce terrain-là, abstraction faite du reste».

    Pour Jean Macé, fervent défenseur du suffrage universel, celui-ci doit avoir “un corollaire indispensable“, l’instruction obligatoire. Une pétition, partie de Strasbourg, avait rassemblé 350 000 signatures en faveur de cette instruction obligatoire, gratuite et laïque. Macé reprend l’idée et réunit  près d’un million de signatures qu’il va déposer à l’Assemblée nationale, le 19 juin 1872.
    Entre-temps, l’Alsace avait été annexée et le pensionnat de jeunes filles du Petit-Château transféré à Monthiers, près de Château-Thierry. C’est là que décède Jean Macé, le 13 décembre 1894, après avoir vu ses idées concrétisées par l’instauration de l’école de la République en 1882 et obtenu la reconnaissance par son élection comme “sénateur inamovible“ par 134 voix sur 211, le 6 décembre 1883.

  • 7 août 1940 : annexion de fait de l'Alsace

    Le sort de l’Alsace et de la Moselle n’était évoqué dans aucune des clauses de l’armistice du 22 juin 1940 et c’est donc de manière unilatérale que l’Allemagne décide de rétablir l’ancienne frontière franco-allemande de 1871, le 4 juillet 1940.

    Le 18  juillet, des dirigeants autonomistes pro-nazi signent le manifeste des Trois-Épis, une demande officielle adressée à Hitler d’annexion de l’Alsace au Reich.

    Le 2 août 1940, l’Alsace et la Moselle cessent d’être un territoire français militairement occupé et deviennent provinces d’origine allemande recouvrées par le IIIe Reich.

    Le 7 août, Joseph Bürckel, Gauleiter de Saarpfalz (Sarre-Palatinat), et Robert Wagner, Gauleiter de Baden (Pays de Bade), sont nommés respectivement chef de l’administration civile en Moselle et en Alsace ce qui revient à prononcer de fait l’annexion pure et simple de l’Alsace-Moselle par l’Allemagne. L’ancien Reichsland “Elsass-Lothringen“, tel qu’il existait entre 1871 et 1918, n’est pas reconstitué : la Moselle et Saarpfalz forme un nouveau Gau, Westmark, tandis que l’Alsace est intégrée dans le Gau “Oberrhein“ avec le Pays de Bade. Les administrateurs civils respectifs disposent de pouvoirs spéciaux et ne sont responsables que devant le Führer.

    Les préfets et sous-préfets sont démis de leurs fonctions, l’administration française est supprimée au profit de l’administration allemande dont les postes à responsabilités sont confiés à des fonctionnaires venus d’Allemagne. Pour les postes subalternes, les fonctionnaires alsaciens qui désirent conserver leur emploi sont contraint de signer une déclaration d’allégeance au Führer, ce qui est en flagrante contradiction avec l'article 45 de la Convention de La Haye de 1907 : "Il est interdit de contraindre la population d’un territoire occupé à prêter serment à la Puissance ennemie“.

    Dès le mois de septembre suivant, les établissements scolaires adoptent l’enseignement allemand. Les écoles confessionnelles sont interdites, les séminaires fermés et les religieux-enseignants licenciés. Les facultés de théologie de Strasbourg sont fermées au profit de celles de Heidelberg et Freiburg. Le concordat est aboli et la cathédrale de Strasbourg, fermée au culte, est destinée à devenir un monument national du Reich.
    Les réfugiés sont incités à rentrer alors que, dans le même temps, commencent les expulsions des “indésirables“ (les juifs, les nord-africains, les Tsiganes, les hauts-fonctionnaires, les Français installés après 1918, les francophiles…) qui se poursuivront jusqu’en 1943. Ces expulsées (ils seront environ 45 000) ont moins d’une heure pour quitter leur domicile. Ils n’ont droit qu’à 50 kg de bagages et 2 000 francs d’argent liquide. Ils doivent en outre signer une déclaration par laquelle ils s’engagent à ne pas revenir en Alsace. Leurs biens, théoriquement mis sous scellés, sont en fait saisis.

  • La bataille du Rothfeld

    Louis.jpgLe 30 juin 833, près de Colmar, mon histoire familiale se mêle à l’Histoire, la grande, puisqu’elle implique deux de mes ancêtres, l’empereur Louis le Pieux et son fils Pépin.

    Après la bataille qui l’a opposé à ses fils Lothaire, Pépin et Louis le Germanique, Louis le Pieux, fils et héritier de Charlemagne, est trahi par ses troupes et doit se constituer prisonnier, malgré l’intercession du pape Grégoire IV, venu avec Lothaire. L’empereur est déposé, puis transféré à la villa royale de Marlenheim pour quelques semaines avant d’être emprisonné à Soissons. Ses fils se partagent l’empire.
    Le lieu exact de la bataille, le Rothfeld, n’est pas vraiment défini, mais se situerait entre Colmar, Sigolsheim et Bennwihr. En souvenir des trahisons de ce 30 juin, il sera rebaptisé Lügenfeld (Champ du Mensonge).

    L’histoire connaîtra encore de nombreux rebondissements (Louis le Pieux retrouvera sa couronne, Lothaire lui succédera et sera contesté par Louis le Germanique s’alliera avec son demi-frère Charles par les serments de Strasbourg…).