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Alsaciens célèbres

  • Dominique Meyer, directeur d'opéra(s)

    Dominique Meyer.jpgSi son nom n’est pas forcément connu du grand public, notre enfant du jour est l’une des personnalités majeures, et des plus influentes, dans le monde de l’opéra.

    Dominique Meyer est né le 8 août 1955 à Thann. Economiste de formation, il entre au cabinet de Jacques Delors, au Ministère de l’Économie et des finances, en 1980. Passionné de culture, il est remarqué par Jack Lang auprès duquel il poursuit sa carrière administrative, participant notamment à la création d’Arte en 1992. En 1989, il est nommé à la direction de l’Opéra de Paris. Il quitte ce poste en 1990 : « Je me trouvais trop jeune et je voulais aussi être responsable de la partie artistique d’un opéra ». En 1994, il prend la direction de l’Opéra de Lausanne, puis, en 1999, il est nommé à la direction du Théâtre des Champs-Élysées. En 2010, il devient directeur général du Staatsoper de Vienne. Le ministre autrichien de la culture annonçant que son mandat n’allait pas être renouvelé à son échéance en 2020, il se porte candidat au poste de Surintendant du Teatro alla Scala de Milan. Sa candidature est retenue pour une entrée en fonction mi-2020. Son prédécesseur ayant choisi d’écourter son mandat, il se trouvera ainsi, pendant quelques mois, à diriger en même temps deux des plus prestigieuses scènes lyriques.

  • Jean-Georges Humann, le premier ministre alsacien !

    Humann.jpgPartisan d'un strict équilibre budgétaire, il avait (déjà) attiré l'attention sur l'importance de la dette de l'état ! Jean-Georges Humann a été le premier Alsacien à occuper une fonction ministérielle.

    Jean-Georges Humann est né le 6 août 1780 à Strasbourg, où son père (issu d’une famille de paysans de Fessenheim-le-Bas, dans le Kochersberg) était employé municipal. A 14 ans, il entre en apprentissage dans une fabrique de tabac, puis se lance dans l’épicerie. Devenu négociant en denrées coloniales à 19 ans, il se trouve rapidement à la tête d’une fortune considérable.

    Il devient alors membre de la Chambre de commerce de Strasbourg, juge au tribunal de commerce (1811, maintenu en 1814) et membre de la commission administrative des hospices civils (1816, renouvelé en 1821). En 1814, il est envoyé à Paris par la Chambre de commerce de Strasbourg pour plaider la cause des intérêts économiques de la région. Il est nommé membre du Conseil général du commerce (présidé par le ministre de l’Intérieur, le comte de Corbière) et se spécialise dans les questions financières.

    Tout en continuant à développer ses affaires (il créé une compagnie d’assurances, une compagnie rhénane de navigation à vapeur, la compagnie des Forges d’Audincourt et les Salines de l’Est, développe une raffinerie de sucre…), il entame une carrière politique et est élu député du Bas-Rhin en 1820, puis réélu en 1824. Il perd les élections suivantes, mais profite d’une élection partielle en Aveyron (où il avait des affaires) pour se faire élire dans ce département en 1828. Il devient ensuite rapporteur de la commission du budget.

    Le 11 octobre 1832, il est nommé ministre des Finances, fonction qu’il occupe jusqu’au 18 janvier 1836, date à laquelle il est contraint de démissionner suite à la présentation, devant l’assemblée, d’un nouveau projet de conversion des rentes désapprouvé par le gouvernement. Malgré sa démission, la polémique soulevée par ce projet entraîne la chute du gouvernement. Le roi Louis-Philippe lui offre alors de former un nouveau gouvernement, mais Humann refuse et rentre à Strasbourg.

    En 1837, il est nommé pair et revient à la politique. Le 29 octobre 1840, il est une nouvelle fois, nommé ministre des Finances. Partisan du strict équilibre budgétaire et hostile à de nouveaux impôts, il décide d’améliorer la perception de ceux qui existent déjà, notamment les droits de transmission d’offices (désormais fixés d’après la valeur réelle de l’office), les droits sur les boissons et l’impôt sur les portes et fenêtres. Pour ce dernier, il ordonne un recensement général des habitations qui révélera qu’un demi-million de bâtiments échappaient à l’impôt !

    Le 24 avril 1842, en fin de matinée, alors qu’il est en train de rédiger une note à son bureau au ministère, Jean-Georges Humann est foudroyé par une congestion cérébrale.

  • Jean-Georges Paulus, fondateur de l'orchestre de la Garde Républicaine

    Garde républicaine, fanfare, orchestreJean-Georges Paulus, né le 5 août 1816 à Haguenau, commence très jeune une carrière militaire, comme clarinettiste, au 10e chasseurs à cheval. Parallèlement, il suit des cours au conservatoire de Paris où il obtient, en 1835, le premier prix de clarinette.
    Devenu chef de musique sur “La Belle Poule“, il participe aux cérémonies du transfert des cendres de Napoléon, avant d’être nommé chef de musique du Prince de Joinville.
    En 1848, il rejoint la Garde de Paris. A cette époque-là, la fanfare se composait des douze trompettes du régiment de cavalerie disséminés dans les escadrons de marche et qui n’étaient réunis que très occasionnellement à l’occasion de cérémonies. Paulus en fait une formation permanente, composée d’un trompette-major, 12 trompettes, 22 trompettes d’ordonnance, 5 trompettes cor, 3 trompettes contre-basse, 2 trompettes alto, 5 trompettes basse et 2 timbaliers.
    La même année, l’administration préfectorale de Paris confie à la garde républicaine un lot de trente-six instruments pour la constitution d’une musique. La liste de ces instruments permet de supposer que ceux-ci ne sont pas destinés à la fanfare, mais bien à la création d’un nouvel orchestre d’harmonie. Celui-ci sera constitué petit à petit jusqu’à atteindre un effectif de 55 musiciens en 1852, année des débuts officiels de la nouvelle formation, lors de la distribution des drapeaux au Champ de Mars.

    Le 4 août 1855, Jean-Georges Paulus est nommé à la tête de la “Musique de la Garde de Paris“. Le 12 mars 1856, Napoléon III signe le décret officialisant l’existence de l’orchestre. A partir de 1864, Paulus se consacre exclusivement à la direction de l’orchestre d’harmonie (c’est un autre alsacien, le brigadier-trompette Frédéric-Thomas Fillaire, qui prend alors la tête de la fanfare).
    Arrangeur, il adapte les œuvres symphoniques pour son orchestre à vent et, le 21 juillet 1867, la Musique de la Garde remporte son premier succès au concours international des musiques militaires au Grand Palais, à Paris, en interprétant l’ouverture d’Oberon et des extraits de Lohengrin.

    Le 18 septembre 1870 la “Garde de Paris“ devient “Garde Républicaine“. La Musique de la Garde Républicaine devient ambassadrice culturelle de la République française et enchaîne les tournées (Londres en 1871, 25 concerts pour 70 jours de tournée à travers les Etats-Unis en 1872…). Partout, Paulus et ses “soldats-artistes“ remportent de vifs succès.
    Le 9 mars 1873, il prend sa retraite de chef de musique.
    C’est encore un Alsacien, le compositeur et chef d’orchestre à l’opéra de Strasbourg, Adolphe Sellenick,qui lui succède.

    Jean-Georges Paulus décède à Paris le 14 avril 1898.