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Alsaciens célèbres - Page 4

  • Jean-Pierre Clause, l'inventeur du foie gras de Strasbourg

    terrine2.jpgEn le classant parmi les Alsaciens célèbres, j'avoue "pousser un peu le bouchon" : Jean-Pierre Clause était Mosellan. Mais après tout, les liens entre Alsaciens et Mosellans sont étroits, nous pouvons donc "l'assimiler" !

    Jean-Pierre Clause est né le 24 octobre 1757 à Dieuze en Moselle où son père Sébastien, est tonnelier. Il débute très jeune son apprentissage en cuisine, d’abord à Evreux (ce qui explique que, dans certains textes, il est considéré comme Normand), puis à Paris, avec son oncle, au service du comte d’Artois. A 21 ans, il rejoint son frère aîné, pâtissier, à Strasbourg et entre au service du marquis de Contades, maréchal de France et gouverneur militaire d’Alsace.

    C’est là, entre 1779 et 1783, qu’il créa le pâté de foie gras qui allait le rendre célèbre : une croûte de pâte garnie de foies gras entiers, d’une farce de veau et de lard finement hachés. Le succès fut tel que le maréchal fit porter un pâté au roi, à Versailles !

    Dans sa “Physiologie du goût“, Brillat-Savarin décrit l’effet produit par ce pâté sur les convives de ce qu’il appelle “un dîner de gourmands de qualité“ : «…toutes les conversations cessèrent par la plénitude des coeurs… et quand les assiettes de distribution eurent passé, je vis se succéder, tour à tour, sur les physionomies, le feu du désir, l’extase de la jouissance, le repos parfait de la béatitude.»

    Le 10 février 1784, Clause épouse Marie-Anne Maring, veuve d’un pâtissier qui avait une boutique au 3 rue du Marché-aux-Chevaux (qui allait peu après devenir le 18 rue de la Mésange, ce qui correspond au 15 de la même rue de nos jours !). Le 28 février 1784, après avoir obtenu son brevet de maîtrise, il s’inscrit à la “Tribu des pâtissiers“ et reprend la boutique où il vend, entre autres, son fameux pâté.

    En 1790,  Nicolas-Francois Doyen, cuisinier du président du Parlement de Bordeaux vient travailler avec Clause. C’est lui qui aura l’idée d’ajouter, au fameux pâté, un produit de son terroir, la truffe. Et, lorsque deux ans plus tard, il installe à son compte, il commercialise le “pâté de foie gras de Strasbourg aux truffes du Périgord“.

    Clause décède le 21 novembre 1827. Sa boutique est reprise par un dénommé Fritsch qui la cédera, vers 1846, à un neveu de Clause, J. Jehl, qui la transfère 3 rue du Dôme.

  • Marie-Joseph Erb

    Erb.jpgMarie-Joseph Erb est né le 23 octobre 1858 à Strasbourg

    Il fait ses études à l’Institut Belley-Mougel à Strasbourg. Son père, directeur de l’Ecole Normale Saint-Jean à Strasbourg et organiste, remarque très tôt les dons musicaux de son fils et l’emmène assister au fameux concert du 22 juin 1863 au cours du quel Berlioz dirige son “Enfance du Christ“ (une salle provisoire de 8 000 places avait été spécialement construite place Kléber).

    De 1874 à 1880, Erb étudie la musique et le chant à l’Ecole Niedermeyer à Paris. Il y a pour maîtres Camile Saint-Saëns, Gabriel Fauré et Charles-Marie Widor. 

    Il rentre à Strasbourg en 1880 et donne de nombreux récitals de piano et d’orgue en Alsace et en Suisse. En 1882, il fonde, avec l’abbé Charles Hamm, la Société alsacienne de musique religieuse, qui deviendra l’Association Sainte-Cécile, puis l’Union Sainte Cécile. A partir de 1882, il publie ses premières compositions, puis, en 1883, il est nommé organiste à Saint-Georges à Sélestat.

    Au cours de l’été 1884, il rencontre Franz Liszt à Eisenach. Celui-ci l’invite a se perfectionner auprès de lui à Weimar.

    En 1884, il est nommé organiste à Saint-Jean. En 1910, Hans Pfitzner lui confie la direction des classes d’orgue et de composition du Conservatoire de Strasbourg. De 1919 à 1937, il sera en charge des classes supérieures de piano et de théorie musicale.

    Début 1943, il connaît de graves problèmes de santé (décollement de la rétine, grippe, pneumonie…). Il part en convalescence à Andlau ou il décède le 9 juillet 1944.

    Marie-Joseph Erb était un compositeur prolifique dont les oeuvres étaient régulièrement jouées.

  • Napoléon-Henri Reber

    Reber.jpgNapoléon Henri Reber est né à Mulhouse le 21 octobre 1807.

    Après des études au Conservatoire de Paris avec Anton Reicha et Jean-François Lesueur, il se fait rapidement connaître (et reconnaître) par ses oeuvres, essentiellement de musique de chambre et de mélodies mais également, entre autres, quatre symphonies, un ballet (Le diable amoureux), une cantate (Roland) et quatre opéras-comiques : “La Nuit de Noël ou l’anniversaire“ en 3 actes sur un livret d’Eugène Scribe créé à l’Opéra-Comique le 9 février 1848, “Le père gaillard“ en 3 actes sur un livret de Thomas Sauvage créé le 7 septembre 1852, “Les papillotes de Monsieur Benoist“ en 1 acte sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré créé le 28 décembre 1853 et “Les Dames capitaines“ en 3 actes sur un livret de Mélesville créé le 3 juin 1857. Deux de ses oeuvres lyriques restent inédites : "Naïm ou les Maures en Espagne", grand opéra en 5 actes et "Le Ménétrier à la cour", un opéra comique 

    En 1851 il est nommé professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris avant de succéder à Halévy (le compositeur de "La Juive") à la tête de la classe de composition en 1862 puis d'être nommé inspecteur du Conservatoire en 1871.
    En 1853 il est élu à l’Académie des Beaux Arts contre Berlioz (il occupait le fauteuil V, où l’avait précédé Chérubini et qui reviendra à Saint-Saëns à son décès).

    Il décède à Paris le 24 novembre 1880 et est enterré au cimetière du Père Lachaise.

    Si son œuvre est tombée dans l’oubli, son traité d’harmonie a été régulièrement réédité. On lui doit également l’orchestration de la "Marche Funèbre" de Chopin, interprétée à l'occasion de l'enterrement de Chopin lui-même, et régulièrement jouée.

    Parmi les élèves de Reber figuraient, entre autres, Pablo de Sarasate, Wladyslaw Zelenski, Benjamin Godard et Jules Massenet qui écrivait à son propos : «J’allai dans la classe d’Henri Reber, de l’Institut. C’était un musicien exquis et délicat, de la race des maîtres du dix-huitième siècle. Sa musique en dégageait tout le parfum.» (Massenet sera, à son tour, professeur au Conservatoire et aura pour élève Charles Koechlin, membre de la célèbre famille d'industriels mulhousiens à laquelle appartenait également Maurice Koechlin, concepteur de la structure de la tour Eiffel).

    Pour la petite histoire, la sœur d’Henri Reber, Henriette, fut le premier enfant né à Mulhouse après le rattachement de la ville à la France. La ville lui a dédié une rue, la rue Henriette.