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Alsaciens célèbres - Page 2

  • Jean-Claude Riber

    Riber.jpg14 septembre 1934, naissance à Mulhouse de Jean-Claude Riber.
    Il est élève au collège Lambert et au conservatoire de Mulhouse, puis étudie la littérature à Strasbourg et Paris avant de mener une carrière de metteur en scène entre 1957 et 1966, année où il prend la direction du Théâtre Municipal de Mulhouse.

    En 1970, il est nommé à la direction du Grand Théâtre de Nancy où il fera passer le nombre d'abonnés de 330 à près de 5000 ! Il quitte ce poste en 1973 pour le Grand Théâtre de Genève dont il sera directeur général jusqu'en 1980 et qui deviendra, sous son mandat, l'une des grandes scènes européennes. C'est là qu'il mettra en scène sa première tétralogie complète.

    En 1981, il prend la direction de l'opéra de Bonn, dont il fera une scène de première importance. En 2009, 17 ans après son départ, le quotidien local, le General Anzeiger, lui rendait hommage à l'occasion de son 75e anniversaire en qualifiant son mandat "d'âge d'or de la vie musicale de Bonn" avec des distributions prestigieuses qui n'avaient rien à envier aux plus grandes scènes (le "Don Carlos" de 1987/88 en est un parfait exemple affichant une double distribution où l'on trouvait Margaret Price et Katia Ricciarelli en Elisabeth ou encore Nadine Denize et Agnes Baltsa, rien de moins que les deux meilleures titulaire du rôle d'Eboli dans les années 80), sans oublier un taux de remplissage de 99% !

    Depuis, il poursuit son activité de metteur en scène et de scénographe (il réalise souvent les décors, costumes et surtout les éclairages de ses productions), totalisant plus de 150 mises en scène d'œuvres de tout style et de toutes les époques, du baroque au contemporain.

  • Ernest Wertheimer

    Wertheimer.JPGErnest Wertheimer est né le 13 septembre 1852 à Obernai.
    Son grand-père, Lehmann Wertheimer, fils d’un boucher d’Ottrott, était un important marchand de bestiaux et présidait la commission administrative de la communauté juive d’Obernai.
    Son père, Jacques dirige l’usine de textile Mohler, forte de plusieurs centaines d’ouvriers, qui produit des étoffes (cravates, nappes, rideaux…) vendues dans toute la France et même à l’exportation. Ses trois fils, Emile, Julien et Ernest, travaillent à ses côtés. Lorsque, après l’annexion, ils doivent choisir entre rester en Alsace et devenir Allemand ou opter pour la nationalité française et quitter la région, l’aîné, Emile, décide de rester auprès de ses parents. Ses deux frères font le choix de la France.

    Ernest à alors 19 ans. Il fait son service militaire au 73e Régiment d’Infanterie de ligne à Alger, puis, en 1874, s’installe à Paris. Là, il entre chez un fabriquant de cravates, Dreyfus et Kaufmann, dont il deviendra associé.
    En 1892, il crée sa propre entreprise. Quelques années plus tard, il fait une rencontre décisive, celle d’un voisin qu’il croise régulièrement, Emile Osordi.

    Les origines d'une grande entreprise

    En 1862, Joseph-Albert Ponsin, un comédien, dépose le brevet d’une pâte pour la blanchir la peau destinée aux comédiens. Pour superviser sa production, il engage un contremaître, Alexandre-Napoléon Bourjois, qui rachète l’entreprise en 1868 et développe un marché relativement restreint en élargissant sa gamme et en ciblant une clientèle féminine. Il crée notamment la poudre de riz Java qui connaîtra un grand succès. En 1890, il s’associe avec Emile Osordi qui apporte les fonds nécessaires à ce développement. La société A. Bourjois & Cie est créée. Après le décès prématuré de Bourgeois, Osordi travaille quelque temps avec ses héritiers puis rachète leurs parts. A son tour, il cherche un investisseur. Ce sera Wertheimer ! En 1898, Ernest Wertheimer prend 50% des parts et la direction de la société qui devient E. Wertheimer & Cie.

    En 1909, Ernest Wertheimer est fait chevalier de la Légion d’Honneur. Ses fils, Paul (né en 1883) et Pierre (1888) travaillent à ses côtés.
    En 1910, Bourjois Inc. est créée aux Etats-Unis.
    En 1921, après le décès d’Osordi, la société change de nom est devient E. Wertheimer & fils, puis, en 1923, Wertheimer Frères.

    Ernest Wertheimer décède le 14 octobre 1927 à Paris.

    Les débuts d'une success story

    Ernest Wertheimer fréquente d’autres expatriés alsaciens, parmi lesquels Théophile Bader qui vient de fonder les Galeries Lafayette et qu’il connaît de longue date : leurs grands-parents, marchands de bestiaux à Obernai pour le premier, à Dambach-la-Ville pour le second, se fréquentaient déjà ! Bader possède les immeubles des 38, 40 et 42 boulevard Haussmann et du 15 de la rue de la Chaussée d’Antin. Pour se développer, il souhaite acquérir le 23 rue de la Chaussée d’Antin. Wertheimer et Osordi lui accordent un prêt de 800 000 francs en 1909, prêt avec lequel, Bader va pouvoir donner forme à son projet : le magasin, conçu par Georges Chedanne et Ferdinand Chanut -à l’origine de la coupole-, prend la forme que nous connaissons aujourd’hui. Et les produits Boujois figurent en bonne place !

    En août 1923, à Deauville, Théophile Bader présente une couturière en vogue à Ernest Wertheimer. Il la connaît depuis longtemps : sa première boutique était située rue Cambon et c’est aux Galeries Lafayette qu’elle achetait les formes pour créer ses chapeaux. Elle vient de passer commande d’un parfum et, parmi les échantillons présentés, elle a choisi le cinquième. Elle l’a donc, tout simplement, baptisé “n°5“. Elle s’appelle Gabrielle Chanel, on la surnomme Coco et, depuis une dizaine d’années, elle révolutionne la mode féminine. Wertheimer, propriétaire des produits de beauté “Bourjois“, est l’homme idéal pour en assurer la production et la commercialisation. Il prend donc 70% du capital de la nouvelle société des Parfums Chanel, 20% allant à Bader et les 10% restant à Chanel.

    En 1954, Pierre Wertheimer prend le contrôle de la maison de couture Chanel. Ses arrière-petits-fils (les enfants de Jacques, fils unique de Pierre) sont toujours copropriétaires de la maison de couture et des cosmétiques Bourjois.

  • Joseph Rey, le maire qui réveilla Colmar

    C’est l’une des personnalités marquantes de Colmar dont il fut maire de 1947 à 1977. Joseph Rey est né 10 septembre 1899 dans le quartier du Grillenbreit à Colmar.

    Rey.jpgSon père, ouvrier dans une manufacture de tissage à Colmar, est mobilisé dans l’armée allemande en 1914 (il sera tué sur le front de Champagne en 1918). Après ses études primaires, Joseph Rey devient apprenti-comptable puis sera, à son tour, mobilisé en 1918. Il déserte et regagne Colmar après l’Armistice. Il travaille alors comme aide-comptable à l’Elsaesser Kurier (Le Courrier d’Alsace, organe du parti catholique alsacien, l’Union Populaire Républicaine d’Alsace) avec une brève interruption de décembre 1920 à juin 1921, lorsqu’il est incorporé au 506ème Régiment de chars à Besançon. En 1925, il entre comme comptable à la savonnerie Thomas à Colmar, entreprise dont il deviendra le gérant en 1927, après le décès de son patron. 

    Parallèlement, Joseph Rey, qui avait suivi des cours de musique et pratiquait le violon, devient directeur de l’harmonie Saint-Martin de Colmar en 1922.

    Dans un premier temps, politiquement proche de l’aile nationale de l’UPR, puis de l’Action Populaire Nationale d’Alsace (fondée en novembre 1928 par des dissidents de l’UPR hostiles à l’alliance avec les partis autonomistes), il se rapproche peu à peu du mouvement royaliste et finit par adhérer à l’Action Française à la veille de la deuxième guerre mondiale. 

    Quand l’armée allemande entre à Colmar, le 17 juin 1940, il cesse toute activité associative, refusant de collaborer avec l’occupant. Il rejoint un réseau de résistants qui fait passer des prisonniers évadés de l’autre côté des Vosges, mais il est arrêté par la Gestapo le 1er avril 1942. Il est condamné successivement à un puis trois ans de prison en 1943 et incarcéré au camp de redressement de Schirmeck, à la prison de Kehl et enfin à celle de Fribourg-en-Brisgau où il noue des liens d’amitié avec des prisonniers politiques allemands dont la plupart, par la suite, occuperont des postes à responsabilité. Il est libéré le 25 avril 1945 par l’avancée des troupes de la 1ère Armée française.

    De retour à Colmar, il est nommé membre du Comité départemental de la Libération et reprend ses activités à la tête de la savonnerie. Le 23 septembre 1945, il entre au Conseil municipal provisoire et, le même jour, est élu conseiller général du canton de Colmar Sud. De 1953 à 1982, il sera vice-président du Conseil général du Haut-Rhin.

    Le 25 octobre 1947, il est élu Maire de Colmar.

    Le 2 janvier 1956, il est élu député du Haut-Rhin sur une liste MRP (parti auquel il a adhéré à la Libération). Aux élections législatives de 1958, bien qu’arrivé en tête au premier tour avec 45 % des suffrages, il est battu par Edmond Borocco (UNR).

    De 1973 à 1983, il siège également au Conseil régional d’Alsace.

    Le 2 décembre 1977, il démissionne de son mandat de Maire au profit de son premier adjoint Edmond Gerrer. En 1982, il décide de ne pas se représenter aux élections cantonales.

    Il décède à Colmar le 26 juillet 1990.

    C'est sous l'impulsion de Joseph Rey que Colmar allait connaître un formidable essor. Durant ses mandats successifs, la ville s’est transformée avec la construction de nouveaux quartiers à l’ouest de la ville, la création de la zone industrielle, du port et de l’aérodrome et, surtout, l’ambitieux programme de restauration du centre-ville. Ce vaste chantier, l’un des premiers de ce type en France, sera à l’origine de la vocation touristique de Colmar.

    Joseph Rey a également ouvert Colmar sur l’extérieur en nouant des liens avec les villes de Schongau (Allemagne), Lucca (Italie), Sint-Niklaas (Belgique) et Hyde (Royaume Uni). Fait unique, toutes ces villes sont jumelées entre elles. Son action internationale lui vaudra le prix Hebel (Hebeldankpreis), la médaille d’or du Bade-Wurtemberg, la médaille d’honneur de la ville de Fribourg en Brisgau et le prix Mozart de la Fondation Goethe de Bâle. L’Institut des arts et traditions populaires d’Alsace lui décerne le Grand Bretzel d’or en 1987.
    Il était Croix de guerre 1939-1945, Médaille de la Résistance, Officier de la Légion d’honneur, Commandeur de l’Ordre national du Mérite, Chevalier du Mérite agricole, Palmes académiques, Médaille d’honneur départementale et communale en or, Grand Croix de l’Ordre du Mérite de la République fédérale allemande, Chevalier dans l’Ordre du Mérite de la République italienne.