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Alsace - Page 12

  • Wilhelm Furtwängler

    Furtwangler.jpgWilhelm Furtwängler, né à Berlin le 25 janvier 1886 et décédé le 30 novembre 1954 à Baden-Baden, est l’un de ces grands artistes qui ont participé à la vie musicale alsacienne : en 1910/11 il a été chef d’orchestre de l’opéra de Strasbourg.

    Musicien précoce, il a 17 ans lorsqu’il compose sa première symphonie, créée par la Schlesische Philharmonie. Mais la carrière de compositeur lui semblant trop aléatoire, c’est vers la direction d’orchestre qu’il choisit de se tourner et fait ses débuts de chef à 20 ans, à Munich, en dirigeant la 9e symphonie de Bruckner.. Après un passage à Breslau, il est engagé comme chef de chœur à Zurich (1907-1909), puis à Munich.
    Lorsque Hans Pfitzner prend la direction de l’opéra de Strasbourg, en 1910, il l’engage comme troisième chef.

    En 1911, il prend la direction de la société philharmonique de Lubeck puis, en 1915, est engagé à Mannheim. En 1920, il succède à Richard Strauss comme chef des concerts symphoniques de l’opéra de Berlin puis, en 1922, à Arthur Nikisch, à la tête du Gewandhaus de Leipzig et de la Philharmonie de Berlin. En 1928, il prend la direction du Philharmonique de Vienne et, trois plus tard, il est nommé à la direction artistique de Festival de Bayreuth (avec Toscanini). Directeur de l’opéra de Berlin en 1933, il démissionne pour raisons politiques l’année suivante. Malgré les propositions américaines, il reste en Allemagne, mais les tentions avec le régime nazi sont de plus en plus fortes et, en 1945, il se réfugie en Suisse.

    En 1947, il reprend la tête du Philharmonique de Berlin et dirige le Festival de Salzbourg.

    Date marquante dans l’histoire musicale de notre région : le 29 avril 1932 a lieu le concert d’ouverture du premier festival de Strasbourg. Et c’est à Furtwängler dirigeant le Philharmonique de Berlin que revient le privilège d’inaugurer ce qui sera, jusqu'à sa disparition en 2014, le doyen des festivals français. Au programme : l’ouverture de Coriolan et la 7e symphonie de Beethoven, l’Oiseau de feu de Stravinsky, l’ouverture de Tannhäuser de Wagner et, en bis, l’ouverture du Freischütz de Weber.


  • De Schmuck à Berger-Levrault, une dynastie d'imprimeurs strasbourgeois

    Le 19 janvier 1721, François Guillaume Schmuck, originaire de Guémar, meurt à Strasbourg. En 1676, il avait créé dans cette ville une imprimerie librairie à l’angle de la rue des Juif et de la rue du Faisan.

    L’entreprise prend une dimension nationale sous la direction de François-Georges Levrault, l’époux de son arrière-petite-fille. Quatre de leurs fils feront carrière dans l’imprimerie : l’aîné, François, dirige l’imprimerie-librairie strasbourgeoise, Louis-Charles sera imprimeur du Roi, François-Xavier deviendra directeur de l’imprimerie impériale de la Grande Armée et Nicolas, imprimeur des lettre de la Grande Armée. Ce dernier participe aux campagnes napoléoniennes avec son matériel et c’est ainsi qu’il imprimera, entre autres, les déclarations du 1er et 2 décembre 1805 ainsi que le décret créant la Comédie Française. Il disparaîtra dans la Bérézina.

    A la mort de François, c’est sa veuve qui reprend la direction de l’entreprise strasbourgeoise. Sa fille et l’époux de celle-ci, Frédéric Berger, lui succéderont. En 1871, après l’annexion de l’Alsace, leur fils, Oscar Berger-Levrault, transfère l’administration et le service commercial de l’imprimerie à Nancy, mais conserve la librairie à Strasbourg. L’imprimerie strasbourgeoise, (devenue “Strassburger Druckerei und Verlagsanstalt“ puis “Imprimerie Strasbourgeoise“ et enfin “ISTA“) installée depuis sa création rue des Juifs, ne quittera définitivement les lieux qu’en 1985. Quant à la librairie, installée depuis 1918 place Broglie, après avoir changé de propriétaire en 1993, elle abandonne le nom de Berger-Levrault pour devenir la bibliothèque Broglie en 2001. Avec près de 350 ans d’activité, elle est considérée comme étant la plus ancienne librairie de France.

     

     

     

  • André Bloch, compositeur alsacien oublié

    André Bloch est né le 14 janvier 1873 à Wissembourg.

    Il entre très jeune au Conservatoire de Paris où il aura pour professeurs, entre autres, Ernest Guiraud et Jules Massenet. A 10 ans, il obtient une 2ème médaille de solfège puis, l’année suivante, la 1ère. Suivront le Premier Prix de piano à 16 ans et celui d’harmonie à 17 ans. A 19 ans, il tente le Prix de Rome et remporte un deuxième Second Prix. L’année suivante, en 1893, il décroche le Premier Grand Prix avec sa cantate “Antigone”.
    A son retour de Rome, en 1898, il est nommé professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris (où il aura, entre autres, pour élève Jehan Alain). Il enseigne également au Conservatoire américain de Fontainebleau. Là, dans les premières années, assistant d’un autre Grand Prix de Rome, Paul Vidal, qu’il remplace fréquemment, il a pour élève Aaron Copland.
    En 1934, il publie “Cent leçons à l’usage des écoles primaires” qui, comme son nom le laisse entendre, sera en usage dans les écoles avant-guerre.
    C’est par ses opéras qu’il se fera connaître. Le premier, “Maïda”, un conte musical en 4 actes et 5 tableaux sur un livret de Charles Rety-Darcours, est créé à Aix-les-Bains en 1909. Le dernier, “Guignol”, un opéra bouffe “de cape et de trique“ en 3 actes et 9 tableaux sur un livret d’Henri Fabert et Justin Godard, est créé à l’Opéra-Comique le 18 janvier 1849. Entre les deux, il y aura encore “Une nuit de Noël” (qualifié de conte bleu) composé à Rome et créé à Liège en 1922 ainsi que “Brocéliande”, légende lyrique créée l’Opéra de Paris le 25 novembre 1925.
    Son catalogue comprend également un ballet, “Feminaland,” créé à Monte-Carlo le 19 mars 1904, des poèmes symphoniques (“Kaa”, d’après “Livre de la Jungle” de Rudyard Kipling, créé le 2 avril 1933 aux Concerts Colonne, “Au Béguinage”, créé en 1956 au Théâtre des Champs-Elysées par l’Orchestre des Concerts du Conservatoire sous la direction de Josef Krips, “L’Isle nostalgique”), “Les Maisons de l’éternité” croquis d’orient pour violoncelle et orchestre, concerto-ballet pour piano et orchestre, petite suite dominicale pour petit orchestre, des pièces pour piano (Air à danser, Thème varié, Andantino), pour piano et flûte (Dans la palmeraie), piano et clarinette (Denneriana), piano et basson (Fantaisie variée, Goguenardises), des mélodies et duos (“Révélation” pour deux voix a cappella, “Mon père m’a donné un mari” et “Dans les bois” pour chant et piano)
    Il a également partiellement réorchestré “Les contes d’Hoffmann“ pour une représentation à Monte-Carlo en 1904.
    André Bloch décède à Paris le 7 août 1960.