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Alsace - Page 8

  • L'Amico Fritz, un opéra ayant l'Alsace pour cadre.

    Le 31 octobre 1891, au Teatro Costanzi de Rome, a été créé un opéra de Pietro Mascagni (le compositeur de “Cavalleria rusticana“) ayant pour cadre l’Alsace. Le livret (en italien !) de Nicola Daspuro s’inspire du “best seller“ de l’époque, “L’ami Fritz“ d’Erckmann-Chatrian. Si d'autres œuvres lyriques se déroulent en Alsace (notamment celles de Jean-Baptiste Weckerlin, sur des livrets en alsacien), elles ont été largement oubliées : "l'Amico Fritz", bien que rarement jouée, est la seule à s'être maintenue, tant bien que mal, au répertoire.

    Si certains situent l’action en Lorraine, voire en Bavière (!), le livret est très clair sur ce point : “L’azione ha luogo in Alsazia, 1890“. Et “L’amico Fritz“ va être un immense succès. L’une de ses mélodies, le “duo des cerises“ deviendra même extrêmement populaire.

     

  • Marie-Louise Beck, pionnière de l'hôtellerie de luxe

    Marie-Louise Beck.jpgMarie-Louise Beck est née le 29 octobre 1867 à Truchtersheim. D’une famille modeste (son père est marchand-boucher), elle a toutefois une tante, Alexandrine, qui a fait ce qu’on appelle un “beau mariage” : le mari de cette dernière, Xavier Jungbluth, originaire de Wolxheim, dirige le Grand Hôtel à Monaco.

    C’est lors d’un séjour chez sa tante que la petite Marie-Louise (elle n’a alors que 10 ans) croisera pour la première fois celui dont elle partagera la vie. César Ritz est beaucoup plus âgé qu’elle (il a 27 ans) et en tout début de carrière dans l’hôtellerie. Une dizaine d’année plus tard, Marie-Louise travaille dans un hôtel de Menton alors que César dirige le Grand Hôtel de la principauté. Ils se croisent à nouveau en de multiples occasions, se rapprochent et se marient le 16 janvier 1888 à Canne.

    Le couple quitte la Côte d’Azur pour s’établir à Baden-Baden où Ritz vient d’acquérir un établissement en association avec celui qui allait devenir le fondateur de la haute cuisine française, le chef Auguste Escoffier. Tous les trois quittent assez rapidement Baden-Baden pour Londres où Ritz vient de se voir confier la direction du tout nouveau Savoy. Pour la petite histoire, c’est là qu’Escoffier créera un dessert, devenu fameux, pour la cantatrice Nellie Melba. Le séjour londonien sera de courte durée : César Ritz ayant créer sa propre société hôtelière, il est licencié.

    Il choisit alors de s’installer à Paris et, le 1er juin 1898, ouvre son propre hôtel au 15 de la place Vendôme. Là, Escoffier et lui vont pouvoir exprimer pleinement leurs talents et développer leurs idées. Le premier met en place un système de fonctionnement toujours d’actualité : la brigade de cuisine avec ses postes bien définis, sa hiérarchie… Le second a pour ambition de faire de son hôtel le plus élégant et le plus moderne du monde. Ascenseur, électricité à tous les étages, téléphone dans toutes les chambres et, première mondiale, chaque chambre dispose d’une salle de bains et de toilettes.

    C’est là que nous retrouvons Marie-Louise. Elle assiste son mari pour tout ce qui concerne la décoration, le mobilier, le choix des couleurs. C’est elle, notamment, qui choisi la couleur des abat-jour pour mettre en valeur le teint des clientes ! C’est encore elle qui s’occupe de l’accueil des clients de prestige. Elle effectuera le même travail dans les autres hôtels que crée son mari. En 1907, César Ritz tombe malade. Marie-Louise prend de plus en plus de responsabilité et, lorsque César ne peut plus assumer sa charge et est démis de ses fonctions par le conseil d’administration, c’est elle qui en prend la direction et la conservera jusqu’en 1953. Elle créera encore la “Galerie des vitrines”, une galerie de boutiques de luxe au cœur du palace. Elle meurt en 1971. Son fils Charles, qui travaillait déjà à ses côtés, prend la direction du palace qu’il quittera en 1976, face à la réticence du conseil d’administration vis-à-vis de ses idées de modernisation. En 1979, l’hôtel est vendu au milliardaire égyptien Mohamed Al-Fayed.

  • Un chef d'oeuvre méconnu

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    C’est l’un des monuments les plus impressionnants de Strasbourg et peut-être l’un des plus méconnus du grand public. Il se trouve au fond de l’église Saint-Thomas, aux portes de la très fréquentée “Petite France“. Je veux parler du mausolée du maréchal de Saxe dû au célèbre sculpteur Pigalle.

    Maurice de Saxe est né le 28 octobre 1696 à Goslar (Basse-Saxe). Il est le fils adultérin de la comtesse Marie-Aurore de Königsmark et du prince-électeur de Saxe, Frédéric-Auguste Ier, futur roi de Pologne (sous le nom d’Auguste II, à partir de 1697). En 1721, il se met au service de la France et reçoit aussitôt un brevet de maréchal de camp. Il achète le régiment de Sparre-Infanterie qu’il rebaptise Saxe-Infanterie. En 1726, il se fait élire duc de Courlande et de Sémigalle entrant en conflit avec son père. Chassé par les troupes russes, il rentre en France l’année suivante. En 1734, il est promu lieutenant général, puis, le 26 mars 1744, Maréchal de France. Il participe à de nombreuses campagnes et se distingue particulièrement en remportant la victoire lors des batailles de Fontenoy et de Rocourt et en prenant Maastricht. En récompense de ses services, le roi le nomme gouverneur à vie de Chambord en 1748. C’est là qu’il décède le 30 novembre 1750.

    Amateur de théâtre… et de comédiennes !

    Grand amateur de théâtre, Maurice de Saxe, avait créé une troupe de théâtre de campagne qui suivait ses troupes. Cette troupe fut un temps dirigé par Charles-Simon Favart, directeur du Théâtre de la Monnaie de Bruxelles et futur directeur de l’Opéra-Comique. Sa passion s’étendait également aux comédiennes : il fut l’amant d’Adrienne Lecouvreur et poursuivit de ses assiduités l’épouse de Favart, Justine, qu’il séquestra et à laquelle il écrivit, le 21 octobre 1749, une lettre qu’il terminait ainsi : «… vous n’avez point voulu faire mon bonheur et le vôtre : peut-être ferez-vous mon malheur et celui de Favart ; je ne le souhaite point, mais je le crains. Adieu». Sous le coup d’une lettre cachet, Favart se réfugia dans les environs de Strasbourg. Dans ces mémoires, l’abbé de Voisenon évoque «le malheureux Favart, caché chez un curé de campagne, dans une cave à la lueur d’une lampe, y vivait du talent qu’il avait à peindre les éventails»

    Le mausolée

    A la mort de Maurice de Saxe, Louis XV souhaite l’inhumer à Saint-Denis mais doit y renoncer : bâtard, étranger et protestant, de Saxe n’y a pas sa place. En 1751, le corps est transféré à l’église Saint-Thomas, la “cathédrale du protestantisme“ de Strasbourg et le roi passe commande à Jean-Baptiste Pigalle d’un mausolée qui sera achevé en 1776.