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Alsace - Page 9

  • Odile, patronne d'Alsace

    Odile.jpgEn 1946, sainte Odile a été proclamée “patronne de l’Alsace“ par le pape Pie XII. Elle était traditionnellement fêtée le 13 décembre, mais, afin de la dissocier de Sainte-Lucie également fêtée le 13 (et, comme, elle associée à la lumière et invoquée pour guérir les maladies oculaires), cette célébration a été déplacée au 14 décembre.

    Nous ne savons que peu de choses sur Odile. Il existe bien un récit de sa vie, écrit vers 950, mais celui-ci est plus hagiographique que biographique et fait la part belle à la légende.
    Seule certitude : elle est la fille d’Etichon (ou Aldaric ou Eticho ou Attich), duc d’Alsace de 662 à 689 et née aveugle, vers 662, à Obernai. Lorsqu’elle a une douzaine d’années, elle est envoyée au monastère de Balme (Baume-les-Dames). A cette date, elle n’est pas encore baptisée.
    Selon la légende, Saint Ehrard, évêque de Ratisbonne (Regensburg), aurait fait un songe dans lequel Dieu lui enjoignait de se rendre à Baume-les-Dames pour y baptiser Odile. Et c’est au moment précis de ce baptême que la jeune fille aurait retrouvé la vue ! Elle reçoit alors le nom d’Odile, “fille de lumière“ !

    Vers 680, Edichon donne à sa fille son château de Hohenbourg, situé sur un ancien lieu de culte celte (et connu alors sous le nom de Altitona, la montagne haute). Elle le transforme en couvent (dont elle deviendra l’abbesse, à la fin des travaux, vers 700), et y fait construire un hôpital pour lépreux.
    Elle y meurt en 720.

    Le site deviendra rapidement un haut lieu de pèlerinage : en 773 déjà, Charlemagne visite son tombeau, puis, en 1050, se sera le tour du pape Léon IX, celui qui la canonisera.

     

    Odile, une “pré-Habsbourg“ ?

    Gontran le Riche, comte d’Alsace de 917 à 954, est le premier ancêtre attesté de cette prestigieuse lignée qui allait prendre le nom de son château d’Argovie, Habsbourg. Or, Il existe des documents évoquant la confiscation, en 952, d’une partie des biens d’un comte Gontran, descendant des Etichonides. Et, comme le souligne Philippe Nus dans “L’Alsace, berceau des Habsbourg“ : «la preuve formelle de l’identité des deux hommes ne peut être établie, mais au vu d’un faisceau d’arguments solides, elle relève du probable pour ne pas dire du certain.» On peut donc faire remonter la généalogie des Habsbourg jusqu’à Etichon (ou Aldaric ou Eticho ou Attich), duc d’Alsace et père de Sainte Odile !

  • Saint Nicolas

    Saint-Nicolas.jpgSaint Nicolas, encore une belle tradition locale.

    Enfin, locale… C’est vrai, que cette manière de fêter, la veille, avec les mannalas et le chocolat chaud est typique de chez nous, mais la tradition existe ailleurs aussi. Si, en France, la Saint Nicolas est essentiellement fêtée en Lorraine, en Alsace, bien sûr, et dans le Nord, cette coutume est également présente dans la plupart des pays du nord de l’Europe, Allemagne et Belgique compris. Souvent, Saint Nicolas y remplace le Père Noël, peu ou pas présent dans les traditions locales. Pas étonnant, quand on se rappelle que le Père Noël n’est qu’une adaptation américaine de notre saint, dont il en a conservé le nom, Santa Claus. Il y avait bien eu, suite logique de la Réforme, une première "sécularisation" du personnage, en Allemagne, dès 1770 avec l'apparition du "Weyhnachtsmann", substitut du saint pour conserver la tradition des cadeaux. Le personnage allait être popularisé par le poème de Hoffmann von Fallersleben "Morgen kommt der Weihnachtsmann" (1835). 

    Petit rappel historique : ce sont les Hollandais qui fondèrent la Nouvelle Hollande, qui devint rapidement la Nouvelle-Amsterdam, sur l’emplacement actuel de New York. Pour protéger la ville des indiens, le gouverneur général Peter Stuyvesant fera construire le mur qui a donné son nom à Wall Street. Ces Hollandais célébraient Sinter Klaas qui allait être américanisé pour devenir Santa Claus. Alors qu’en Europe les deux fêtes restaient bien distinctes, les américains les rapprochèrent et désormais Saint Nicolas ferait sa tournée le 24 décembre !

    La première description "américanisée" date de 1821. Elle figure dans un poème publié par William Gilley, imprimeur et éditeur à New York. Pour la première fois, il y est fait mention d'un traîneau tiré par 8 rennes (Rudolph, le petit rennes au nez rouge, n'apparaîtra qu'en 1939). En 1822, Clement Clarke Moore, poète et théologien, fils d'évêque, modifie l’image traditionnelle de Saint Nicolas en le débarrassant de ses attributs d’évêque, un peu trop catholique ! Il supprime la crosse et remplace la mitre par un bonnet. Dans son poème "Twas the night before Christmas“ (A Visit from St. Nicholas), il décrit "Son habit de fourrure, ses bottes et son bonnet… un sac plein de jouets. Il avait des joues roses, des fossettes charmantes… une très grande barbe d'un blanc vraiment immaculé…Il avait le visage épanoui, et son ventre tout rond sautait quand il riait, comme un petit ballon" . Il fallut attendre encore une quarantaine d’année pour voir apparaître la première illustration d’un Santa Claus vêtu de son costume rouge à bord de fourrure blanche. Mais l’image définitive d’un Père Noël ventripotent n’apparaîtra qu’en 1931 dans une publicité Coca Cola ! Pendant plus de 30 ans Coca Cola allait utiliser cette image pour booster ses ventes en hiver et imposer ainsi sa vision du personnage. Vous rendez-vous compte que, si les publicitaires de Pepsi en avaient eu l'idée, le Père Noël serait bleu ?

    En traversant l’Atlantique, Santa Claus ne s’est pas substitué à son modèle, mais est devenu un nouveau personnage, le Père Noël. En Allemagne, c'est toujours le Christkind qui apporte les cadeaux. Ce personnage aurait pour origine Sainte Lucie, représentée par une jeune fille vêtue de blanc et portant une couronne de bougies. Elle était fêtée le 23 décembre avant la réforme du calendrier de 1582. Le personnage a été repris par les protestants pour contrer le Saint NIcolas catholique et c'est ainsi que le marché de la Saint-Nicolas de Strasbourg est devenu le Christkindelsmarik.

    Quand j’étais enfant, les Pères Noël que nous pouvions voir à la porte des grands magasins portaient encore la longue robe rouge à capuche. La veste courte du Père Noël Coca Cola ne s’est réellement imposée en Europe que depuis la fin des années 90.

    Pere Noel.jpg

    Un Père Noël dans les années 60, rue des Clefs à Colmar

  • Nés un 1er décembre

    Ils sont trois à être né un 1er décembre. Trois personnalités qui ont, d’une manière ou d’une autre, laissés des traces dans la région. Pourtant aucun n’était Alsacien !

     

    Alain Bashung

    Alain Bashung est né le 1er décembre 1947 à Paris. Alsacien, il ne l’est qu’indirectement, par son éducation comme il l’expliquait dans une interview publiée dans le Monde le 26 août 2005, quatre ans avant son décès (le 14 mars 2009 à Paris).

    On vous qualifie souvent d’alsacien, ce que vous n’êtes pas.
    Je passe mon temps à le dire ! Le village où j’ai grandi s’appelle Wingersheim, à 20 kilomètres de Strasbourg. J’ai été recueilli par la grand-mère adoptive, côté paternel. Elle était d’origine allemande, venait de Düsseldorf. Elle se plaignait tout le temps de son ancienne vie. Elle s’appelait von Battenstein. Sa famille possédait des écuries, qui avaient flambé. Elle était ruinée. Il n’y avait pas assez de place pour loger toute la famille à Paris, alors on envoyait l’enfant chez les grands-parents. Cela se faisait à l’époque. J’ai su un peu tard que j’avais un père adoptif. Je me sentais comme quelqu’un qui n’est pas à sa place officiellement. Le Parisien qui allait repartir.

    Et votre père biologique ?
    Je n’ai aucune trace. Cela ne me semblait pas forcément une bonne idée de chercher. Et je n’avais aucune piste.

    Quelle était la culture familiale ?
    Mon père adoptif était boulanger. Il se levait à 11 heures et demie le soir pour bosser, dormait l’après-midi. Ma mère était ouvrière à Boulogne-Billancourt, elle fabriquait des accessoires de caoutchouc pour les voitures. Ils habitaient Paris dans un petit meublé. Ils ne côtoyaient que des ouvriers et des travailleurs. C’était comme dans les films avec Gabin, les mêmes personnages, des blagues assez lourdes, le prof de français qui vendait L’Huma le dimanche, avec Pif le chien. Ils ne se sentaient pas seuls, il y avait le syndicat, le Parti communiste. Pas indignes, plutôt fiers. Ils n’allaient pas voir le psy. Tout le monde s’aidait. Ça n’allait pas jusqu’à la fantaisie, mais il n’y avait pas de personnes isolées.

    Votre éducation musicale s’est faite en Alsace.
    Oui, ma grand-mère écoutait la radio allemande. Strauss, Wagner, et surtout Kurt Weill avec ces ambiances étranges, ces dissonances, ce phrasé qui était déjà du rock. Ces premières années ont été importantes, elles m’ont donné le goût de mélanger le sentimentalisme et le bizarre. Peut-être la vie me paraissait trop normale. L’ennui vous porte à rêver.

     

     

    Franz Xaver Richter

    Franz Xaver Richter est né le 1er décembre 1709 à  Holleschau (Holesov en République Tchèque de nos jours). Formé à Vienne, il est vice-maître de chapelle du prince-abbé Anselme de Reichlin-Meldegg à Kempten en Bavière de 1740 à 1747 avant de faire partie du célèbre ensemble de la cour de Mannheim, comme compositeur, chanteur et second violon. Il rédige un traité de composition, donne des concerts en France, aux Pays-Bas et en Angleterre puis, en 1769, succède à Joseph Garnier comme Maître de Chapelle de la Cathédrale de Strasbourg.

    En 1778, Mozart séjourne à Strasbourg. Il écrit à son père : « Si le maître de chapelle était mort, j’aurais obtenu une bonne place » mais malheureusement pour les Strasbourgeois « celui-ci est maintenant très modéré : au lieu de 40 bouteilles de vin, il n’en avale plus que 20 environ par jour ».
    Mozart quitte donc Strasbourg et, à la mort de Richter, 12 septembre 1789, c’est son assistant, Ignace Pleyel, qui lui succède. Ce même Pleyel qui allait fonder la célèbre manufacture de pianos et qui est, vraisemblablement, le compositeur de la Marseillaise.

     

    Cardinal Armand de Rohan-Soubise

    François-Armand de Rohan-Soubise est né le 1er décembre 1717 Paris.
    Il est le deuxième des quatre princes de Rohan qui se succédèrent à la tête du diocèse de Strasbourg. Il est nommé abbé de Murbach à 20 ans. Le 15 juillet 1741 (il a alors 23 ans), il est élu à l’Académie Française, puis, l’année suivante nommé coadjuteur de Strasbourg aux côtés de son grand-oncle. En 1745, il est nommé Grand Aumônier de France avant d’être créé cardinal en 1747. Il devient prince-évêque de Strasbourg en 1749. Il meurt de phtisie le 28 juin 1756 à Saverne