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D'r Elsass blog fum Ernest-Emile - Page 2

  • Baron Aladar de Szendeffy

    Parmi les personnalités nées un 15 juin, il en est une dont le nom est indissociable de Colmar, le baron Aladar de Szendeffy.

    Aladar Zoltan Szendeffy est né le 15 juin 1865 à Budapest. Son père, Stephan Szendeffy, est l’ancien président du Parlement hongrois. A priori, rien ne destinait ce docteur en médecine à devenir l’un des Colmariens le plus connu jusqu’à ce que le destin lui fasse rencontrer celle qui allait devenir son épouse, Berthe Molly. Cette dernière était la fille d’un grand brasseur colmarien.

    Il existe deux versions de leur rencontre. Selon la première, ils se rencontrèrent à l’occasion d’une cure de Berthe Molly dans  un établissement thermal à Karlsbad en Allemagne ou, d’après la seconde, cette rencontre aurait eu lieu à l’occasion d’un concert donné par Berthe Molly, excellente pianiste, en Allemagne. Quoi qu’il en soit, ils se marièrent en juillet 1900. Dans un premier temps, le couple vit à Budapest puis s’installe définitivement à Colmar après l’arrivé au pouvoir des communistes en Hongrie. Szendeffy abandonne la médecine pour se consacrer à ses passions, la lecture et la collection d’œuvres d’art.

    Lorsque Berthe Molly décède, le 24 mars 1945, elle lègue ses propriétés (un parc de plus de 57 ha ainsi que deux maisons avec dépendances) à la ville de Colmar, son époux en conservant l’usufruit. En contrepartie, il était demandé à la ville de donner le nom de Berthe Molly à la rue des Juifs où se dressait la brasserie familiale. Ceci fut fait le 27 juin 1945 par décision du conseil municipal).

    Le 3 juin 1958, le baron de Szendeffy décède et lègue à son tour à la ville son importante bibliothèque (plus de 7000 volumes) et ses collections d’art. C’est le maire de Colmar, Joseph Rey, qui conduit le cortège funéraire, le 6 juin 1958. L’entretien de la tombe des deux époux est assuré à perpétuité par la ville de Colmar.

    Sur l’un des terrains légués à la ville (le square Szendeffy) se dresse le mémorial de Lattre de Tassigny, érigé en 1973 en hommage au libérateur de Colmar.

  • Découverte de la potasse en Alsace.

    Potasse.jpgOn savait, depuis un sondage effectué dans sa propriété de Dornach par Gustave Dollfus en 1896, que le sous-sol renfermait du sel gemme. Mais c’est le 11 juin 1904 qu’eut lieu “le“ forage, celui qui révéla la présence de la potasse : «Echantillons constitués par quelques impuretés (argiles, calcaires dolomitiques et schistes) mêlés à du chlorure de sodium et du chlorure de potassium» tel est le constat du laboratoire strasbourgeois chargé d’analyser les prélèvements.

    A l’origine de cette découverte, trois personnages étonnants.

    Amélie Zürcher, de Bollwiller, est la fille du propriétaire d’une filature. A la mort de celui-ci, elle s’installe dans sa propriété du Lutzelhof, des terres relativement pauvres, qui recouvre une grande partie du lieu-dit Ochsenfeld, à cheval sur les bans communaux de Cernay et Wittelsheim. L’Ochsenfeld, là-même où Jules César remporta une célèbre victoire sur Arioviste et ses Germains !

    Jean-Baptiste Grisez, né en 1861 à La Chapelle-sous-Rougemont (alors encore dans le Haut-Rhin) a repris la brasserie familiale. Mais il a une passion, la radiesthésie, qui lui a permis de trouver des sources mais aussi des filons métallifères.

    Joseph Vogt est originaire de Soultz-Haut-Rhin. Il dirige quatre usines (fonderies de fonte à Soultz, Mulhouse et Masevaux, de cuivre à Niederbrück). Il fonde la société de sondage “Gute Hoffnung“ (Bonne Espérance) spécialisée dans la fabrication de tours de forage à grande profondeur afin de trouver des minéraux pour alimenter ses usines.

    Selon la légende, une nuit, Amélie Zürcher fît un rêve prémonitoire : «Une nuit je me réveillai avec la certitude que quelque chose était caché sous nos terres qui devait m’assurer la fortune que la pauvreté du sol me refusait.». Sa rencontre avec Vogt, qui collaborait déjà avec Grisez, va être déterminante. Ils créent alors la “Société en participation pour la recherche de la houille en Alsace“ dont les forages vont aboutir à cette découverte de juin 1904. Encouragé par ce premier résultat, ils poursuivent leur forage jusqu’à atteindre, à une profondeur 1119 mètres, le filon qui allait être le point de départ de l’exploitation de la potasse en Alsace. C’était le 31 octobre 1904. L’exploitation proprement dite commença en février 1910 et se poursuivra jusqu’en septembre 2002.

  • Eugène Bloch

    Bloch.jpgEugène Bloch est né le 10 juin 1878 à Soultz Haut-Rhin.

    Pour donner à ses fils une éducation française (l’Alsace est alors allemande), son père vend son usine textile et s’installe à Paris. Eugène Bloch fait ses études à l’École normale supérieure et à la faculté des sciences. Il obtient, en 1899, ses licences en sciences physiques et sciences mathématiques. L’année suivante, il est reçu à l’agrégation de physique et devient préparateur au laboratoire de physique de l’École normale supérieure.

    En 1904, il soutient sa thèse de doctorat en sciences physiques sur l’ionisation dans la phosphorescence. En 1906, il est nommé professeur de physique en classe de mathématiques spéciales au lycée Saint-Louis, à Paris, où il enseignera jusqu’en 1921, tout en poursuivant ses travaux de recherches sur l’effet photoélectrique. Cette carrière d’enseignant sera interrompue pendant quatre ans; entre 1914 et 1918, période durant laquelle il est mobilisé et affecté au service des télécommunications militaires. Là, il participe au développement des premiers amplificateurs électroniques pour la réception d’ondes radio et des premiers appareils de mesure précise des fréquences radio.

    En 1921, il publie “Les procédés d’enregistrement des signaux de T.S.F“. cette même année il est nommé maître de conférences de physique à l’université de Paris, puis, en 1927 professeur de physique théorique et physique céleste à faculté des sciences. En 1930, il publie “L’ancienne et la nouvelle théorie des quanta“ devenant ainsi l’un des premiers à introduire en France la mécanique quantique. En 1934, il devient président de la Société française de physique, puis, en 1937, directeur du laboratoire de physique de l’École normale supérieure.

    Suite aux lois anti juives, il est révoqué et passe clandestinement en zone libre où il travaille, jusqu’en 1942, dans un laboratoire de l’université de Lyon. Après l’invasion de la zone libre par les Allemands, il se réfugie en Savoie sous une fausse identité mais est arrêté le 24 janvier 1944 à Allevard-les-Bains en Isère.
    Le 7 mars 1944, il est embarqué dans le convoi N° 693 pour le camp d’extermination d’Auschwitz où il disparaît.

    La fondation Eugène Bloch attribue deux prix :
    - le prix Eugène et Léon Bloch , accordé à deux lycéens dont les qualités intellectuelles et morales ont été remarquées et arrivant à la fin d’une classe terminale scientifique ou littéraire, l’un à Louis-le-Grand, l’autre à Henri IV;
    - Le prix des Trois physiciens morts pour la France (Henri Abraham, Eugène Bloch et Georges Bruhat, fondateurs et directeurs du laboratoire de physique de l’Ecole Normale Supérieure, morts en déportation entre 1940 et 1945), accordé à un physicien.