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D'r Elsass blog fum Ernest-Emile - Page 5

  • Sébastien Erard

    Le strasbourgeois Sébastien Erard est l’inventeur de la harpe moderne et l’un des deux facteurs à l’origine du piano moderne

    Erard.jpgSi Erard a déposé plus d’une centaine de brevets modifiant la mécanique de l’instrument (entre autres le double échappement qui permet de rejouer immédiatement une note, même si la touche n’est pas encore revenu en position), ce sont d’autres facteurs qui travaillent sur le développement de la sonorité et créent la première usine électrifiée préfigurant ainsi la production en série. Et ces facteurs ne sont autres qu’Ignace Pleyel, ancien maître de chapelle de la cathédrale de Strasbourg (probable compositeur de la Marseillaise) et son fils Camille, également né à Strasbourg !

    Sébastien Ehrhard est né à Strasbourg, le 5 avril 1752. Son père, ébéniste, remarque très tôt les dispositions du jeune Sébastien pour le travail du bois et lui fait étudier le dessin, la géométrie et l’architecture. A la mort de son père (il a alors 16 ans), il part pour Paris travailler chez un facteur de clavecin. Il devient rapidement premier ouvrier, mais tant son talent que la curiosité dont il faisait preuve provoquèrent la jalousie du facteur : le maître se sentant dépassé par l’élève, le licencie. Un autre facteur lui demande alors de construire, pour lui, un instrument dont il avait reçu commande, et qui dépassait ses compétences. Ce travail allait le faire connaître du milieu musical et son clavecin mécanique définitivement asseoir sa réputation. La duchesse de Villeroy, passionnée de musique, lui offre de travailler pour elle et de lui construire un piano-forte, instrument encore peu répandu en France. Là encore, le succès est au rendez-vous et les commandes affluent. Son frère, Jean-Baptiste vient le rejoindre, et, ensemble, ils fondent lors propre fabrique.

    Un autre instrument commence à être à la mode :la harpe. Jean-Baptiste Krumpholtz, soliste et compositeur, à l’origine de cette mode en France, sollicite l’aide d’Erard (qui avait francisé son nom) qui accepte avec enthousiasme et conçoit un nouveau système de fourche. Malheureusement pour lui, Krumpholtz qui avait, entre temps, liés ses intérêts à ceux d’un facteur de harpes, lui demande d’abandonner ses recherches : il craignait que la nouvelle harpe ne relègue les instruments de son associé au musée et de se trouver ruiner. Persuadé que sans la collaboration du plus célèbre des interprètes du moment sa harpe ne connaîtrait aucun succès, Erard renonce malgré les sommes considérables engagés et les quatre-vingts instruments déjà construits !

    La révolution éclate. Erard décide de partir pour l’Angleterre trouver de nouveaux débouchés pour ses pianos. A son retour sur le continent, et alors qu’il est à Bruxelles, il reçoit une lettre de son frère qui lui déconseille de rentrer : ses liens avec l’aristocratie le mettent dans une position dangereuse. Il repart donc en Angleterre et y fonde une usine. C’est là qu’il dépose son premier brevet pour le perfectionnement du piano-forte.

    De retour en France en 1796, il continue ses recherches et, en 1808, présente le premier piano à queue. Il reprend aussi ses travaux sur la harpe et, en 1811, présente un instrument dont les pédales permettaient de faire monter chaque corde d’un demi-ton ou d’un ton. La harpe moderne était née.

    Un autre instrument va faire l’objet d’innovations et de perfectionnement par Erard, l’orgue. Il ne reste malheureusement plus rien des deux instruments (dont un était dans la chapelle des Tuileries) qu’il a conçu, “un modèle de perfection“ selon un chroniqueur de l’époque.

    Il décède le 5 août 1831 dans son château de La Muette.

    Ses pianos avaient été adoptés par Haydn (qui possédait le n°28), Beethoven (le 133), la plupart des virtuoses de son époque comme Liszt (dont il a été le mécène) et des compositeurs comme Mendelssohn, Verdi ou Ravel.

  • Jean-Claude Brialy

    Encore une personnalité qui, sans être Alsacienne, a été fortement marquée par la région : c’est en Alsace que Jean-Claude Brialy est devenu comédien !


    Brialy.jpgFils d’officier, il est né le 30 mars 1933 à Aumale, en Algérie. Les mutations successives de son père le font passer par Marseille, Angers et Saint-Etienne avant d’arriver à Strasbourg. C’est là, au collège épiscopal, qu’il passe son baccalauréat. C’est là, également, qu’il obtient son premier prix de comédie à l’issue de ses études au Conservatoire de Strasbourg. Puis il entre au Centre dramatique de l’Est, créé en 1947 à Colmar, où il fait ses débuts sur scène avant de partir effectuer son service militaire, juste de l’autre côté de la frontière, à Baden Baden. Affecté au service cinématographique de l’armée en Allemagne, il y réalise son premier court métrage “Chiffonard et Bon Aloi“.

    Après son service militaire, en 1954, il se rend à Paris, vit de petits boulots, fait plusieurs apparitions au cinéma avant de connaître la célébrité avec “Le beau Serge“ en 1958 et “Les cousins“ en 1959. Sa carrière était lancée : 163 films pour le cinéma et 47 pour la télévision en tant qu’acteur, 4 films pour le cinéma et 11 pour la télévision en tant que réalisateur, 6 scénarios, 19 pièces de théâtre en tant que comédien et 8 en tant que metteur en scène, directeur du Théâtre Hébertot et des Bouffes Parisiens, directeur artistique du Festival d’Anjou et du Festival de Ramatuelle, auteur (“Le ruisseau des singes“, “J’ai oublié de vous dire“, “Mon Algérie“, “Les pensées les plus drôles des acteurs“, “Les répliques les plus drôles du théâtre de boulevard“), Prix Jean Le Duc décerné par l’Académie française pour son film “Eglantine“, César du meilleur acteur dans un second rôle avec “Les Innocents“, sans compter de très nombreuses participations à des émissions télévisées… 

    Il décède le 30 mai 2007 à Monthyon.

     

    Le Centre dramatique de l’Est

    Le Centre dramatique de l’Est est né à Colmar en 1947 sous forme d’un syndicat intercommunal groupant Colmar, Metz et Strasbourg auxquelles se joignirent plus tard Hagueneau, Nancy et Thionville. En 1953, Michel Saint-Denis en prend la direction. Il créé l’Ecole Supérieure d’Art dramatique qui, après quelques années à Colmar, est transférée à Strasbourg où un nouveau théâtre, le premier en France depuis la guerre, est construit.

  • Alois Kayser

    Alois Kayser est né le 29 mars 1877 à Lupstein (dans le canton de Saverne).

    Kayser_Nauru.jpgAprès des études religieuses catholiques, il est envoyé par la Société des Missionnaires du Sacré-Cœur à Nauru, petite colonie allemande du Pacifique, en 1902. Il s’installe dans le village d’Ibwenape et, parallèlement à sa mission d’évangélisation, étudie le nauruan dont il publiera une grammaire. Il élabore également une dictionnaire nauruan/allemand.

    A la fin de la Première Guerre mondiale, Nauru passe sous contrôle britannique et Kayser, allemand, est expulsé. En 1921, devenu français, il revient sur l’île administrée par l’Australie.
    Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, en décembre 1940, Nauru subit des attaques de la marine allemande, puis des troupes japonaises. Les occidentaux sont évacués en février 1942, mais Kayser et  l’un de ses collègues suisses, le père Pierre Clivaz, décident de rester sur place.
    Les japonais débarquent en août 1942. Les deux prêtres peuvent poursuivre leur travail jusqu’au 16 août 1943 : face à l’offensive américaine, les japonais déportent 1 200 Nauruans dans les îles Truk. Le 28 août, soupçonnés d’être à la tête d’une conspiration, de cacher une radio et de posséder des armes, les deux prêtres sont arrêtés, battus et torturés pendant plusieurs jours.

    Alois Kayser meurt des suites de ces tortures le 21 octobre 1942. Le témoignage du Père Clivaz permettra de faire condamner les responsables. Les derniers déportés ne seront rapatriés à Nauru que le 31 janvier 1946.

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