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D'r Elsass blog fum Ernest-Emile - Page 5

  • Ces Alsaciens qui créèrent l'orchestre de la Garde Républicaine

    A la veille du jour de la fête de la musique, rendons hommage à Frédéric-Thomas Fillaire (né le 21 juin 1832 à Strasbourg), l'un de ces Alsaciens qui fondèrent l'orchestre de la Garde Républicaine.

    Le premier d'entre eux était Jean-Georges Paulus (né le 5 août 1816 à Haguenau) qui avait créé la fanfare permanente de la Garde de Paris (devenue Garde Républicaine) puis l’orchestre d’harmonie. En 1864, lorsqu’il décide de se consacrer exclusivement à l’orchestre d'harmonie, c’est un autre Alsacien, le brigadier-trompette Frédéric-Thomas Fillaire qui lui succède à la tête de la fanfare qu’il dirigera jusqu’en 1874.

    Et lorsque Paulus quitte l'orchestre, c’est encore un Alsacien, Adolphe Sellenick, jusque-là chef d’orchestre à l’opéra de Strasbourg, qui lui succède !

     

  • Ignace Pleyel

    C’est encore un compositeur qui est “l’homme du jour“. Et non des moindres, puisqu’on lui doit (devrait ?) ce qui est incontestablement LA mélodie française la plus connue. 

    pleyel.jpgL'interrogation est justifiée par la polémique sur le véritable compositeur de cette mélodie, plusieurs thèses s'affrontant sur le sujet.

    Ignace Pleyel nait le 18 juin 1757 à Ruppersthal en Autriche. Son père lui donne ses premiers cours de musique, puis vient s’installer à Vienne pour permettre à son fils de travailler avec le compositeur tchèque Jean-Baptiste Vanhal. Grâce à un mécène, le comte Ladislas Erdory, il étudie ensuite à Eisenstadt avec Haydn. En 1777, Pleyel entre au service d’Erdory.

    En 1784, il est nommé assistant de François-Xavier Richter, maître de chapelle de la cathédrale de Strasbourg, auquel il succède en 1789. Entre-temps, il avait épousé une Strasbourgeoise, Françoise-Gabrielle Lefèbvre. A partir de 1791, la Révolution étant passée par là et la musique religieuse étant interdite, Pleyel se rend à Londres où ses œuvres sont jouées aux concerts Salomon. A son retour à Strasbourg, il achète le château d’Ittenwiller, un ancien prieuré vendu comme bien national.

    C’est en 1792 qu’eut lieu un événement important. Le baron de Dietrich, maire de Strasbourg, tenait salon. C’est là que Pleyel avait fait la connaissance d’un capitaine du bataillon “Les enfants de la Patrie“, Claude Joseph Rouget de Lisle, poète et compositeur amateur. Très amateur, même, selon les témoins de l’époque qui parlent de ses “vers de mirliton“ et d’après les quelques mélodies que l’on connaît de lui. Et voilà que De Dietrich lui suggère de composer un “beau chant pour ce peuple soldat“. Les paroles en sont vite trouvées, elles s’inspirent très largement d’une affiche placardée par la Société des Amis de la Constitution : “Aux armes, citoyens ! L’étendard de la guerre est déployé ! Le signal est sonné ! Aux armes ! Il faut combattre, vaincre, ou mourir…“. Quant à la musique, dans une lettre adressée à sa famille, Rouget de Lisle annonce avoir reçu commande d’un hymne de la part du maire de Strasbourg et s’être adressé, pour ce faire, à son ami Pleyel. C’est ainsi que fut créé le “Chant de marche pour l’Armée du Rhin“, devenu “La Marseillaise“.

    Une version que confirme Hubert d’Andlau, actuel propriétaire du château d’Ittenwiller : «Rouget de L’Isle savait manier la plume pour créer des vers de mirliton. Mais ses connaissances en musique étaient sans doute précaires. Aussi décida-t-il de rendre visite à son ami Pleyel à Ittenwiller afin de lui demander son aide. Ittenwiller est sans doute le vrai berceau de la Marseillaise. Mon père aimait raconter cette histoire en concluant : “Je ne peux pas le prouver, mais personne ne peut prouver le contraire“».

    J’ajouterais qu’un certain nombre de recherches musicologiques accréditent cette thèse (bien que d'autres, tout aussi crédibles, s'attachent à démontrer à la véracité d'autres possibilités).

    Pleyel a encore d’autres chants révolutionnaire à son actif : soupçonné d’être royaliste, il fut contraint de “prouver sa sympathie à la cause de la Révolution“. C’est ainsi qu’il composa “La Prise de Toulon“ pour soliste et chœur à trois voix avec accompagnement de piano (19 février 1794), un hymne chanté au Temple de la Raison (c’est ainsi qu’avait été rebaptisé la cathédrale de Strasbourg) pour chœur avec accompagnement de piano (1793 ou 1794), l’Hymne à l’Être Suprême, cantate en deux parties (8 juin 1794) et “La Révolution du 10 août“ pour solistes, chœur et orchestre (10 août 1794). Non seulement il ne sera plus inquiété, mais il sera naturalisé Français !

    En 1795, il s’installe à Paris et ouvre une maison d’édition musicale. En 1802, il conçoit un nouveau modèle de piano dont les cordes sont frappées et non plus pincées comme c’était le cas du clavecin. Il en dépose le brevet en 1807 et, deux ans plus tard, fonde une manufacture de pianos. Il en confie la direction à son fils Camille (né à Strasbourg le 18 décembre 1788).

    Ignace Pleyel décède à Paris le 14 novembre 1831 et est inhumé au Père Lachaise.

  • Jean-Baptiste Wendling de Ribeauvillé, l'ami de Mozart

    Wendling.jpgL’Alsace est décidément une terre de musiciens : c’est l’un des plus célèbres flûtistes de son temps dont nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire.

    Jean-Baptiste Wendling né le 17 juin 1723 à Ribeauvillé. Son père et son grand-père, tous deux prénommés Jean-Charles, étaient déjà des musiciens reconnus et c’est donc tout naturellement que Jean-Baptiste, tout comme son frère, François-Antoine, reçoit une éducation musicale très complète.

    Nous ne savons pas grand chose de son enfance et les premières traces de sa carrière musicale n’apparaissent qu’en 1745. Il est alors professeur de flûte à la cour de Chrétien IV, duc palatin de Deux-Ponts-Birkenfeld-Bischwiller, comte palatin de Birkenfeld, mais aussi comte de Ribeaupierre, descendant de celui à qui l’on doit la plus ancienne fête alsacienne, la célèbre Fête des Ménétriers de Ribeauvillé.

    Sa fonction à la cour lui donnait l’opportunité de suivre le duc dans ses déplacements et de se produire en concert dans les plus importantes cours européennes, notamment à Berlin où il joue devant Frédéric II, lui-même excellent flûtiste.

    En 1747, il rejoint l’orchestre de Mannheim, le plus célèbre orchestre de l’époque, et est professeur de l’électeur palatin Karl Theodor. En 1752, il épouse Dorothea Spurni, une chanteuse, avec laquelle il effectue des tournées qui le conduisent à Paris, Londres, Vienne… A Mannheim, il travaille avec Jean-Chrétien Bach et fait la connaissance de Mozart auquel il recommande de se rendre à Paris.

    Une véritable amitié naît entre les deux artistes : c’est Wendling qui va convaincre Mozart de composer pour la flûte et ce sont quatre membres de la famille Wendling qui prendront part à la création de son opéra “Idomeneo, re di Creta“ à Munich : Jean-Baptiste comme flûte solo, son frère François-Antoine (qui avait rejoint son frère et était violoniste dans l’orchestre), son épouse Dorothea (pour laquelle Mozart avait écrit le rôle d’Illia) et Elisabeth, l’épouse de François-Antoine (pour laquelle avait été écrit le rôle d’Elettra). L’électeur palatin Karl Theodor était devenu électeur de Bavière en 1777 et avait déplacé sa cour à Munich, c’est donc entre cette ville et Mannheim que Wendling passe les dernières années de sa carrière.
    Il meurt à Munich le 27 novembre 1797.

    Il laisse 9 concertos pour flûte (dont un orchestré par Mozart), 9 quatuors, 36 trios, 6 duos pour 2 flûtes…

    C'est avec l'aide de Wendling que Mozart compose ce quatuor : au fur et à mesure de l'avancement de sa partition, il demandait au flûtiste de lui jouer les parties de flûte.