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Traditions - Page 15

  • Le pays de Noël

    Hopla, on y est… la période des fêtes de fin d’année est officiellement lancée. Ce sont les marchés de Noël de Colmar et Mulhouse qui ouvrent les festivités.
    Et c’est reparti pour “l’Alsace, pays de Noël“. Après tout, c’est bien d’ici que tout est parti. Bon, là je ne parle pas du Christkindel et tout le tralala. Je parle de la manière dont on fête, du réveillon. Bien sûr, d’autres régions ont de très vieilles traditions (je pense à la Provence, en particulier). Mais le réveillon autour du sapin, ça vient de chez nous !

    L’idée de l’arbre est ancienne, c’est les Romains qui ont commencé. Au moment du solstice d’hiver, ils décoraient leurs maisons de branches vertes en l'honneur du dieu Janus. Cette tradition sera récupérée par la chrétienté et dès le début du XVIe siècle, les branches seront remplacées par de vrais arbres, d’abord suspendus à la poutre maîtresse, puis posés sur le sol. La première fois qu’il sera fait mention d’un sapin, c’est à Sélestat, dans une note datée du 21 décembre 1521. On y apprend que 4 schillings ont été payés aux gardes chargés de surveiller les “meyen“ de la forêt communale. En alémanique ancien, un “meyen“ est un arbre festif que l'on décore en signe de dévotion à l'éternel renouveau de la nature.

    La deuxième fois qu’on en parle, c’est en 1539 : un arbre est installé dans la cathédrale de Strasbourg et la troisième, c’est à Strasbourg encore que cela se passe : “Auff Weihnachten richtet man Dannenbäume zu Straßburg in den Stuben auf. Daran henket man Roßen auß vielfarbigem Papier geschnitten, Aepfel, Oblaten, Zischgold und Zucker“ (A Strasbourg, pour Noël, on installe un sapin dans la “stub“ – la pièce à vivre de la maison - . On le décore de roses en papier, de pommes, d’oublies, de feuilles d’or et de sucre). La coutume se répand rapidement au point de provoquer la colère de certains théologiens qui dénoncent ces pratiques païennes.

    Mais c’est à Goethe que l’on doit une large diffusion de ces coutumes locales. Goethe était venu à Strasbourg en 1770, pour y poursuivre ses études de droits. Il avait fait la connaissance de Frédérique Brion, la fille du pasteur de Sessenheim l’avait invité pour le réveillon. Réveillon dont il fit une scène-clé de son roman “les souffrances du jeune Werther“ en 1774. Le roman connu un succès énorme et déclencha un véritable phénomène de mode : les hommes s’habillaient en bleu et jaune comme Werther, les femmes adoptaient les robes roses et blanches de Charlotte, il y eut même une vague de suicides ! Rien d’étonnant alors que le réveillon soit imité. Le phénomène était lancé.

    En France, le premier sapin fut installé en 1837 aux Tuileries par Hélène de Mecklenburg-Schwerin, l’épouse de Ferdinand duc d’Orléans, héritier du trône de France, mais l’usage ne se développera qu’après 1870 avec l’immigration massive des Alsaciens quittant leur région annexée.
    A partir de 1840, la coutume se développe en Angleterre, sous l’influence des allemands installés à la cour à la suite du mariage de la reine Victoria (elle-même de la famille de Hanovre) avec le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha qui fit installer le premier sapin au château de Windsor en 1841.
    Aux Etats-Unis, la tradition s’est rapidement répandue grâce à l’importante immigration alsacienne et allemande.

    Alors, l’Alsace “pays de Noël“ c’est un juste retour des choses, non ?

  • La révolution kougelhopfière est en marche !

    Pierre Hermé a révolutionné le macaron, Olivier Nasti, lui, s’attaque au kougelhopf.

    Depuis qu’il a repris avec son sommelier de frère, Emmanuel, le vénérable Chambard à Kaysersberg (fondé en 1901 par Louis Chambard), le chef étoile (et Meilleur Ouvrier de France depuis 2007) ne cesse d’innover : ouverture de la winstub, rénovation de l’hôtel, création d’un spa… Mais, surtout, il n’a pas hésité à s’attaquer à l’un des fleurons de la tradition gastronomique alsacienne en revisitant et modernisant la tarte flambée. Avec brio ! Loin des winstubs et tavernes traditionnelles, le Flamme & co développe un concept original :aménagement et décoration contemporains, salon lounge avec Dj, soirées à thèmes… et des tartes flambées, ou plutôt des flammées, salées et sucrées, pour le moins originales : aux saint-jacques et purées de betterave, aux escargots, au magret de canard, au foie gras… Un concept qui marche, puisque un Flamme & co a ouvert à Strasbourg.

    Autre monument de la gastronomie alsacienne, le kougelhopf. Et c’est toujours à Kaysersberg qu’Olivier Nasti tente l’expérience, la pâtisserie-salon de thé s’appelle [kouglof]. Mais on imagine bien que ce n’est pas LE kougelhopf classique que l’on trouve ici, le visiteur est prévenu, la boutique revendique son originalité et l’affiche en vitrine : “un curieux pâtissier“. Le site (qui ne propose pour l’instant qu’une page d’accueil) ne laisse aucun doute : “Le kougelof dans tous ses états“, “Découvrez les kouglofs en plus sexy“. Salés, sucrés, au chocolat, à la pistache, ou même à la fraise tagada… il y en a de toutes tailles et de toutes les couleurs pour tous les goûts.

  • D'une foire à l'autre

    La Foire aux Vins bat son record d’entrées et, du coup, devient la 3ème foire de France après celles de Paris et Marseille !

    274 996 visiteurs… de quoi faire des jaloux ! La Foire Européenne de Strasbourg tourne autour des 205 000, celle de Mulhouse est passée sous la barre des 100 000 ces dernières années… Un responsable de l’une de ces foires avait expliqué cette différence par les concerts qui attirent un autre public à Colmar. Soit, mais imaginons une seconde que pas un seul des spectateurs ne serait venu à la Foire aux Vins s’il n’y avait pas eu de concerts (86 000 cette année), cela ferait encore près de 190 000 visiteurs. Même si cela peut être vrai pour des fans, uniquement attirés par leur idole, cette hypothèse ne tient pas vraiment la route et une partie des spectateurs des concerts (principalement des “locaux“) serait venu de toute façon : il faudrait peut-être faire une étude pour avoir une idée précisé de l’attrait de la Foire, hors festival.

    En attendant, c’est la Foire Européenne qui va ouvrir ses portes avec, cette année, l’Espagne comme invitée d’honneur. J’adorais cette foire, il y a quelques années, mais depuis qu’elle a été amputée par la construction du Parlement Européen et coupée par le tram, elle a perdu une grande partie de son caractère : rendez-moi la “maisonnette“ Sati où j’avais l’habitude d’aller boire mon café !