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Alsaciens célèbres - Page 7

  • Marie Bigot de Morogues

    Morogues.jpgLe touriste qui se promène dans les rues de Colmar passe immanquablement devant la maison située au 48 rue des Marchands : entre la maison Pfister et le Koifhus, elle est sur l’itinéraire touristique incontournable.

    Sur la façade de cette maison est apposée une plaque portant cette inscription :
    Dans cette maison naquit le 2 mars 1786 Marie Bigot de Morogues, née Kiéné. Beethoven et Haydn furent les admirateurs fervents de cette musicienne incomparable qui prodigua ses conseils à F. Schubert enfant et enseigna son art à F. Mendelssohn. Elle mourut à Paris en 1820 au printemps de sa vie.

    Marie Kiéné est née à Colmar le 2 mars 1786. Ses parents étaient musiciens : son père Joseph, violoncelliste, et sa mère, Catherine (née Leyer), pianiste. C’est avec elle que la petite Marie apprendra le piano. En 1791, la famille s’installe à Neuenburg en Suisse. Quelques années plus tard, elle y fait la connaissance de Paul Bigot de Morogues, un noble breton qui s’y était réfugié en 1800. Elle l’épouse le 9 juillet 1804 et, quelques jours plus tard, le jeune couple part pour Vienne où Paul Bigot de Morogues est engagé comme bibliothécaire de l'ambassadeur du Tsar, le comte AndreÏ Rasumovski. Ce dernier fréquentait de nombreux musiciens, parmi lesquels Beethoven et Salieri, et c’est ainsi que Marie put nouer des contacts dans le milieu musical viennois et faire ses débuts de concertiste. Son talent est rapidement reconnu. La revue musicale “Allgemeine musikalische Zeitung“ souligne l’élégance, la légèreté et la délicatesse de son jeu. Une biographie de Haydn cite, à son propos, cette anecdote : le 20 février 1805, elle joue une oeuvre de Haydn devant le compositeur. A la fin du morceau, Haydn est enthousiaste : «Mein liebes Kind, das ist nicht meine Komposition; das haben Sie komponiert, nicht bloß gespielt !» (Ma chère enfant, ceci n’est pas ma composition. C’est vous qui l’avez composée, pas simplement jouée !).

    Beethoven, avec lequel elle se lie d’amitié, lui offre le manuscrit de sa “Sonata Appassionata op. 57“ dont elle est la première interprète. Certains y ont vu plus que de l’amitié, ce que démentent deux lettres de Beethoven à Paul Bigot de Morogues. dans la première, il s’étonne : « Je n’arrive pas à comprendre ce qu’il y aurait eu de peu convenable à ce que Marie et Caroline (la fille de Marie) fussent sorties avec moi pour une promenade en voiture. » et dans la seconde, il précise : « En outre, un de mes principes est de ne jamais avoir que des relations amicales avec la femme d’un autre. ».

    En 1809, le couple doit quitter Vienne (les hostilités entre la France et l’Autriche reprennent) et s’installe à Paris. Marie continue sa carrière de concertiste, tout en travaillant la composition avec Cherubini et Auber. Si elle consacre principalement sa carrière pianistique à Mozart et Beethoven, elle s’attache également à faire redécouvrir l’œuvre de Bach. En 1812, son mari est fait prisonnier à Wilno (Vilnius). Il ne rentrera à Paris qu’en 1817. Pour gagner sa vie, Marie donne des leçons de piano. La réputation de la pédagogue est à la hauteur de celle de la concertiste et les élèves se pressent à ses cours. Parmi eux, Félix et Fanny Mendelssohn qui séjournent à Paris en 1816. Bien après leur retour en Allemagne, leur père continue à prendre conseil pour l’éducation musicale de Fanny auprès de Marie Bigot, comme en attestent des lettres de 1820.

    De santé fragile, elle décède le 16 septembre 1820. Elle n’a que 34 ans.

    Ferdinand Herold lui a dédié sa “Sonate pour le piano-forté op. 9“ et Alexandre-Pierre-François Boëly ses “Trente caprices ou pièces d’études pour le Piano op. 2“. Elle-même a composé plusieurs études destinées, au départ, à ses élèves.

    Marie_Bigot.jpg

     

     

     

     

  • Pauline Haas

    PaulineHaas.JPGPauline Haas est née le 27 février 1992 à Strasbourg.

    Elle était l’une des trois artistes nommés dans la catégorie “Révélation soliste instrumental de l’année“ aux “Victoire de la musique classique“ en 2012.
    Elle commence l’étude de la harpe à 8 ans et, à 13 ans, remporte le 1er prix du Concours International Lily Laskine junior, ainsi que le prix pour la meilleure interprétation de l’œuvre contemporaine imposée (Aubade de Nicolas Bacri). Elle est la seule harpiste française à avoir obtenu cette récompense.
    En mars 2007, elle est entre au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, où elle obtient, en 2011, un Master 2, mention très bien (ce qui correspond à l’ancien Premier Prix).
    Depuis son premier récital (à 12 ans), elle se produit régulièrement, en soliste ou en formation de chambre.

    Pour en savoir plus sur elle : www.paulinehaas.com

     

  • Claudine Carlson

    mulhouse26 février 1937 : Naissance à Mulhouse de la mezzo Claudine Carlson.

    A 16 ans, elle part pour les Etats-Unis étudier à la Manhattan School of Music à New York. Elle travaille avec des professeurs réputés, Pierre Bernac et Jennie Tourel (cette dernière eut également Barbara Hendricks comme élève). Elle fait ses débuts sur scène en 1968 au New York City Opera dans le rôle de Cornelia de “Giulio Cesare“ de Haendel face à Beverly Sills, puis elle débute au Metropolitan Opera comme Geneviève dans “Pelléas et Mélisande“ sous la direction de James Levine en 1977. Au cours de sa carrière, elle aura la chance de pouvoir chanter plusieurs oeuvres sous la direction des compositeurs : "Kaddish" avec Leonard Bernstein, "Cantata" avec Aaron Copland et "le Medium" avec Menotti. Elle s’est produite sur la plupart des grandes scènes lyriques et a donné de nombreuses master classes à travers le monde.

    Elle a créé un site à l'usage des chanteurs lyriques désireux de perfectionner leur prononciation française : French vocal diction for art song & opera repertoire

    Parmi ses nombreux enregistrements figure le rôle d’Isadora dans “Le Fou“ de Marcel Landowski, avec l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg et les choeurs de l’Opéra du Rhin sous la direction d’Alain Lombard.

    L'année de naissance retenue ici est celle donnée par le "Baker’s Biographical Dictionary of Musicians", la plupart des autres sources la font naître en 1950. J'ai opté pour 1937, car je vois difficilement comment elle aurait pu, étant arrivé à 16 ans aux Etats-Unis, débuter à 18 ans sur une grande scène après avoir déjà effectué des tournées de concerts.

     

    Ci-dessous Claudine Carlson dans le final de la 9e symphonie de Beethoven aux cotés de Carol Neblett (soprano), Robert Tear (ténor) et Simon Estes (basse), avec l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles sous la direction de Carlo Maria Giulini.