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Musiciens - Page 9

  • Theodor Guschlbauer

    Guschlbauer.jpgEn 1996, la Fondation Alsace lui a décerné son Prix d’Honneur.

    Theodor Guschlbauer est né le 14 avril 1939 à Vienne. Après des études de piano et de violoncelle, il aborde la direction d’orchestre avec Hans Swarowsky, puis travaille avec Lovro von Matacic et Herbert von Karajan. Après des début au Volksoper de Vienne, il est nommé premier chef au Landestheater de Salzbourg, puis directeur de la musique à l’Opéra de Lyon en 1969 et Generalmusikdirektor à Linz en 1975. En 1983, il devient directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg et de l’Opéra du Rhin, fonctions qu’il quitte en 1997 pour le poste de Generalmusikdirektor de la Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz à Ludwigshafen. Durant sa période strasbourgeoise, il collabore activement avec le Festival de Musique dont il reste conseiller artistique après son départ professionnel pour Ludwigshaffen, jusqu'à la disparition de ce festival.

    De tous les chefs d’orchestre qui se sont succédés à la tête du Philharmonique, il est certainement celui qui s’est le plus impliqué dans la vie culturelle régionale : on a pu le voir participer à des émissions régionales en dialecte et bien que poursuivant une carrière internationale en dirigeant les orchestre les plus prestigieux, il donnait chaque année un concert au Festival de Strasbourg et un autre dans le cadre de la saison de l’Orchestre Symphonique de Mulhouse. C’est également à lui que l’on doit la redécouverte de Waldteufel (il a enregistré un CD de ses oeuvres et en donnait régulièrement une en bis lors des tournées du Philharmonique). Il est le parrain de la Maîtrise de Garçons de Colmar…

     

     

     

  • Sébastien Erard

    Le strasbourgeois Sébastien Erard est l’inventeur de la harpe moderne et l’un des deux facteurs à l’origine du piano moderne

    Erard.jpgSi Erard a déposé plus d’une centaine de brevets modifiant la mécanique de l’instrument (entre autres le double échappement qui permet de rejouer immédiatement une note, même si la touche n’est pas encore revenu en position), ce sont d’autres facteurs qui travaillent sur le développement de la sonorité et créent la première usine électrifiée préfigurant ainsi la production en série. Et ces facteurs ne sont autres qu’Ignace Pleyel, ancien maître de chapelle de la cathédrale de Strasbourg (probable compositeur de la Marseillaise) et son fils Camille, également né à Strasbourg !

    Sébastien Ehrhard est né à Strasbourg, le 5 avril 1752. Son père, ébéniste, remarque très tôt les dispositions du jeune Sébastien pour le travail du bois et lui fait étudier le dessin, la géométrie et l’architecture. A la mort de son père (il a alors 16 ans), il part pour Paris travailler chez un facteur de clavecin. Il devient rapidement premier ouvrier, mais tant son talent que la curiosité dont il faisait preuve provoquèrent la jalousie du facteur : le maître se sentant dépassé par l’élève, le licencie. Un autre facteur lui demande alors de construire, pour lui, un instrument dont il avait reçu commande, et qui dépassait ses compétences. Ce travail allait le faire connaître du milieu musical et son clavecin mécanique définitivement asseoir sa réputation. La duchesse de Villeroy, passionnée de musique, lui offre de travailler pour elle et de lui construire un piano-forte, instrument encore peu répandu en France. Là encore, le succès est au rendez-vous et les commandes affluent. Son frère, Jean-Baptiste vient le rejoindre, et, ensemble, ils fondent lors propre fabrique.

    Un autre instrument commence à être à la mode :la harpe. Jean-Baptiste Krumpholtz, soliste et compositeur, à l’origine de cette mode en France, sollicite l’aide d’Erard (qui avait francisé son nom) qui accepte avec enthousiasme et conçoit un nouveau système de fourche. Malheureusement pour lui, Krumpholtz qui avait, entre temps, liés ses intérêts à ceux d’un facteur de harpes, lui demande d’abandonner ses recherches : il craignait que la nouvelle harpe ne relègue les instruments de son associé au musée et de se trouver ruiner. Persuadé que sans la collaboration du plus célèbre des interprètes du moment sa harpe ne connaîtrait aucun succès, Erard renonce malgré les sommes considérables engagés et les quatre-vingts instruments déjà construits !

    La révolution éclate. Erard décide de partir pour l’Angleterre trouver de nouveaux débouchés pour ses pianos. A son retour sur le continent, et alors qu’il est à Bruxelles, il reçoit une lettre de son frère qui lui déconseille de rentrer : ses liens avec l’aristocratie le mettent dans une position dangereuse. Il repart donc en Angleterre et y fonde une usine. C’est là qu’il dépose son premier brevet pour le perfectionnement du piano-forte.

    De retour en France en 1796, il continue ses recherches et, en 1808, présente le premier piano à queue. Il reprend aussi ses travaux sur la harpe et, en 1811, présente un instrument dont les pédales permettaient de faire monter chaque corde d’un demi-ton ou d’un ton. La harpe moderne était née.

    Un autre instrument va faire l’objet d’innovations et de perfectionnement par Erard : l’orgue. Il ne reste malheureusement plus rien des deux instruments (dont un était dans la chapelle des Tuileries) qu’il a conçu, “un modèle de perfection“ selon un chroniqueur de l’époque.

    Il décède le 5 août 1831 dans son château de La Muette.

    Ses pianos avaient été adoptés par Haydn (qui possédait le n°28), Beethoven (le 133), la plupart des virtuoses de son époque comme Liszt (dont il a été le mécène) et des compositeurs comme Mendelssohn, Verdi ou Ravel.

  • Ernest Bour

    Même s'il n'est pas Alsacien “pur jus“, Ernest Bour mérite de figurer dans cette catégorie des Alsaciens célèbres. Sa formation et une grande partie de sa carrière se sont déroulées en Alsace et il a largement contribué à formé le mélomane alsacien à la musique contemporaine.

    Bour.jpgErnest Bour est né le 20 avril 1913 à Thionville (alors Diedenhofen). Il entre au conservatoire de Strasbourg où il étudie le piano et l’orgue, puis la direction d’orchestre avec Fritz Münch (directeur du conservatoire) et Hermann Scherchen (chef d’orchestre à l’opéra en 1933-34). Il débute sa carrière comme chef de chœur à la radio de Genève, puis à Radio Strasbourg avant de prendre la direction de l’orchestre de cette radio (de 1935 à 1939). Il est, pendant une courte période, professeur de piano au conservatoire de Strasbourg avant de prendre, en 1941, la direction de l’orchestre de Mulhouse et, en 1945, la direction du conservatoire de cette ville. En 1947, il quitte ses fonctions pour reprendre une carrière de chef invité jusqu’en 1950 où il est nommé à la tête de l’Orchestre Municipal de Strasbourg (futur Philharmonique) et, parallèlement à partir de 1955, directeur musical de l’Opéra de Strasbourg. De 1964 à 1979, il dirige l’Orchestre symphonique du SWR à Baden-Baden, succédant à Hans Rosbaud, qui avait déjà été son prédécesseur à Strasbourg ! De 1976 à 1987, il est premier chef invité de l’Orchestre de Chambre de la Radio Néerlandaise à Hilversum. En 1978-79, il est également professeur au Conservatoire National de Paris.

    Il décède à Strasbourg, le 29 juin 2001.

    La grande passion d’Ernest Bour aura été la musique de son temps : il a dirigé un nombre considérable de créations, mondiales ou françaises. Si le mélomane alsacien est aujourd'hui plus ouvert à la musique contemporaine (comme en témoigne le succès du festival Musica), c'est en partie grâce à Ernest Bour qui a toujours accordé une place importante à cette musique dans ses programmes, préparant ainsi le terrain.